La seconde devait toucher Sylvie, et l'informer de mille scrupules indéfinis: «On ne se sentait plus la conscience très pure, on était gêné. Une occasion de s'interroger minutieusement était survenue depuis l'autre jour: et à l'examen, bien des tares étaient apparues, bien des problèmes... On était inquiet, on souffrait. On allait s'imposer la douleur de disparaître quelque temps...»

On pouvait être bien sûr aussi, songeait Paqueret, qu'une femme occupée à méditer un traité avec Ambroise Drayfus et à interroger de nouveau l'opinion publique, n'allait point se casser la tête à déchiffrer mot pour mot le sens agaçant de cette épître. Aussitôt lu, aussitôt chiffonné, le prétentieux billet; à supposer même qu'il fût seulement lu jusqu'au bout.

A peine Marc eut-il quitté la pièce, non sans avoir juré le grand et solennel serment d'être parti avant le soir pour Fontainebleau, que l'actif directeur du Pneu saisit sa plume et rédigea un message pressant pour Ambroise Drayfus: «Vous pouvez envoyer dès maintenant, et sans crainte, un projet de traité à Sylvie Montreux. Le moment me paraît venu. En tous cas, engagez au plus tôt des pourparlers.»

Puis il ouvre son carnet de notes, sur lequel il inscrit: «Pauline. Aller la voir souvent, et insister sur le rôle délicat que Marc se voit contraint de jouer entre elle et sa belle-mère.»

Parcourant ensuite les feuillets déjà noircis, il y remarque le nom de Gaston Levaître, avec cette mention: «Fort capable d'avoir conclu des arrangements pour le mariage de sa nièce avec Caumais-Simier.» Bah! fait-il, j'en conclurai de meilleurs encore pour le compte de Marc: à deux mille francs près, nous aurons cet homme-là.

Arrivé enfin à une page qui portait en vedette le nom du jeune marquis: «Ah, ça, observe Amédée, c'est un peu plus grave.»

Et aussitôt, le voilà qui fouille parmi d'autres papiers, pour en extraire bientôt une adresse, la carte commerciale d'une agence de police officieuse, laquelle fournit des renseignements confidentiels et se charge d'enquêtes au sujet des disparus, dissipateurs, faillites, interdictions judiciaires et procès de toutes natures.

«—Monsieur, écrit-il, je désirerais être mis au courant, dans le plus grand détail, de la situation financière où se trouve actuellement le marquis François de Caumais-Simier. Je vous rappelle que ce jeune homme était perdu de dettes quand le château de Pontmorin, représentant tout son avoir, brûla presque entièrement cet hiver, par accident. Je compte sur tout le zèle de votre agence, etc.»

V