—Mon Dieu, Amédée, quelle épreuve! Et qui lui dira....
—Moi, si c'est nécessaire. Mais vous plutôt, ma chère Sylvie, vous qui lui apprendrez l'affreuse nouvelle avec l'adresse et les précautions d'une mère.
—Je n'oserai pas.
—Si! vous le devez. Notre responsabilité serait trop lourde. Que nous nous taisions ou que nous parlions, d'ailleurs, c'est toujours une vie que nous brisons: mais en parlant, songez-y, vous sauverez une enfant jeune, saine et qui peut être heureuse.
—Hélas, Amédée, si vous saviez.... Tout est bien irréparable, allez!»
Ah, cette fois, c'en était fait, Sylvie allait tout dévoiler, le mariage forcé, la grossesse de Pauline, les fiançailles précipitées—quand la porte de nouveau tourna sur ses gonds, quand un visage tout émacié parut, qu'éclairaient deux yeux luisants: c'était Pauline. Elle entendit le silence subit qui se fit à son entrée:
«—Quoi, dit-elle, qu'est-ce qu'il y a? Que me cachez-vous? Vous avez cessé l'entretien comme j'entrais.... Que vous a dit le chirurgien? Marc est donc plus malade?
—Mais non, je te le jure. Rassure-toi, ma chérie, ne t'énerve pas....
—Allons, j'en suis certaine, il est plus malade, et peut-être en danger: il vaudrait pourtant mieux m'en avertir!»
Paqueret en prit son parti: «Non, Pauline, fit-il avec beaucoup de fermeté, Marc n'est pas en danger. Mais la fracture dont il souffre est très grave.... très grave.