—On ne l'en remettra pas?
—On l'en remettra. Il guérira, cela ne fait point de doute. Seulement...
—Eh bien?... Oh! je comprends!»
Et soudain la jeune fille, éperdue, désespérée, terrifiée, s'est jetée en sanglotant sur une chaise, près de Sylvie.... Infiniment douce, celle-ci ne détourna point, ne calma point, mais attendrit cette immense douleur. Pauline pleura longtemps, longtemps... Si bien qu'à se sentir ainsi choyée, bercée, elle s'alanguit à la fin, s'abandonna peu à peu, s'apaisa toute seule, revint à elle:
«—J'aurais préféré, vois-tu, Sylvie, balbutia-t-elle, qu'on l'eût rapporté mort!»
III
«Ma chère Pauline,
»Tu seras sans doute surprise de cette lettre. Mais après tout, je suis ton oncle et ton plus proche parent; et si des circonstances ou une volonté particulière ont empêché que je ne fusse ton tuteur, je n'en ai pas moins, il me semble, le droit et peut-être le devoir de prendre ici ton intérêt, de défendre un nom que tu portes encore, et qui est aussi le mien. J'espère que tu reconnaîtras l'honnêteté de ma démarche, et mon affection pour toi qui seule me dicte ma conduite dans cette circonstance.
»D'autre part, je sais combien tu es au-dessus de l'état d'esprit enfantin qui est habituellement celui des jeunes filles de ton âge. L'éducation un peu libre, mais éclairée, je me plais à le reconnaître, que t'a donnée Sylvie, t'a mise à même de pouvoir juger hautement certains actes, dont il serait inutile et dangereux de seulement te parler, si tu étais restée au niveau commun.