—«Est-ce la même souffrance pour moi, maintenant? Tout récemment encore, je savais ta liaison, oui... Mais à présent je verrai toujours une figure d'enfant auprès de toi, puisque la marquise Gianelli... Tais-toi! Pas de mensonges!... Cet enfant, ce sera le tien, le tien—et pas le mien, car je l'ai perdue, moi, ma petite fille! Je n'avais qu'une pauvre petite, ma toute jolie petite, et elle m'a été reprise. Tu pourras regarder un autre enfant. Il te consolera. Mais jamais plus, moi... Et cela, je ne peux pas, je ne peux pas... Il me semblera toujours que tu m'apportes le babil d'un autre bébé, et ses rires. Il faut m'épargner cela, qui est au-dessus de mes forces...»

Elle pleurait misérablement. Et j'étais comme à l'agonie: je ne ramenais de toutes parts, sur moi, qu'un vrai manteau de glace. Tout se perdait dans la nuit: Hélène morte, l'enfant nouveau, l'horreur de torturer la mère douloureuse, la femme si fragile, ensuite mon bel amour, Marie et sa joie provocante... Yvonne leva les yeux un instant:

—«Et puis cette femme, qui t'aura donné un fruit de ton sang, ton propre sang! Un enfant, qui vient de toi!»

Le silence—atroce!

—«Moi, ajouta-t-elle, maintenant, je suis infirme.»

Elle retomba, les mains jointes, priant de toute son âme.


A deux jours de là, on m'appelait au téléphone:

—«C'est un garçon!... Venez vite.»