—Tenez, je vais vous donner une preuve de sans-façon: ainsi, vous ne douterez plus... Eh bien, sauvez-vous, filez!

—Parce que?

—Parce que M. Courrière va venir, qu'il doit, m'a-t-il dit, me lire une scène de Bérénice, et que s'il trouve un tiers, il boudera et ne lira rien... Allons, est-ce agir en toute cordialité, ça, oui ou non?...»

Oui, parbleu, bien sûr!...

Mais pour cette «cordialité» là, j'ai vraiment souhaité la mort de Marie-Dorothée—ou la mienne.

«Cher Monsieur et Camarade,

«Vous avez quitté mon logis, hier, d'un air presque fâché, en tout cas avec une physionomie bien contrainte. Vous en êtes-vous aperçu, vous avez presque claqué la porte. Pourquoi? Parce que je vous ai dit que M. Courrière souhaiterait sans doute d'être seul, afin de me lire ses vers.

«Je ne veux pas croire à cette impatience, qui ne serait pas très facile à justifier. Venez me voir aujourd'hui, si vous ne vous sentez plus choqué. Si au contraire vous boudez, alors, à bientôt seulement, mais je le regretterai beaucoup.

«Marie-Dorothée Gianelli.»