—Vous auriez dû m'appeler plus tôt.

—Je n'osais pas, vous étiez si malheureux!

—Nous nous consolerons l'un l'autre désormais...

—Ah! cher... Allez-vous-en, maintenant. Allez, vous me plaisez, François. J'ai confiance en vous.

—Quand reviendrai-je?

—Quand vous voudrez. Téléphonez-moi demain. Téléphonez, ou écrivez, ou venez, donnez-moi des nouvelles tous les jours. J'ai besoin d'un ami plus que jamais... Non, pas les lèvres: les mains, tenez... Demain, à demain.»

Je me suis presque sauvé, mais en riant, et vraiment éperdu de joie, d'émotion! Toute la poésie et la grâce du monde me semblaient écloses en cette pièce où vivait Marie. Car je l'appelai dorénavant Marie, à la française.

Quand je revins à Chantilly, je dis à Yvonne:

—«J'ai manqué le train. Je rendais visite à la marquise Gianelli, tu sais, cette dame qui a si grand air, et chez qui j'ai dîné à Rome: une amie de Fernand Luzot, je t'en ai parlé. Stéphane Courrière, son seigneur et maître, l'a quittée pour l'infante Pia... Comme elle me racontait tout ce drame, j'ai laissé passer l'heure.»

Ma femme répliqua sans humeur: