Tout près, tout près, joue contre joue, j'ai tâché de l'apaiser, tout à fait comme une pauvre enfant. Hélas! je savais encore comment parler aux enfants... Je lui ai promis—avec quelle ardente foi!—de lui consacrer ma vie, du moins presque entière, de l'entourer de précautions, d'amour infini, de soins, de lui faire oublier peut-être que le grand poète vivait, qu'il était ailleurs. Je jurai de n'évoquer le passé qu'à son gré, et avec respect... Je lui répétai mille fois qu'elle était le plus grand et vraiment l'unique émerveillement de ma vie... Puis, de la joue, nous avons fini par glisser aux lèvres l'un de l'autre.
Nous ne sommes point allés visiter Senlis, ce jour-là. L'auto avait passé la chaussée des étangs, et roulait doucement par la forêt, sur de mauvais chemins. En un carrefour, nous descendîmes, et marchâmes longtemps sous bois: le ciel gris et doux rendait, par contraste, plus aigus encore les bourgeons, comme plus délicate la verdure d'hier.
—«Il faut rentrer, François.
—Déjà... Vous me reconduisez à Chantilly, du moins?
—Certes, mais je vous poserai aux premières maisons. Je ne veux plus entrer chez vous, ni même passer devant votre porte. Cela me fait trop de peine, de m'en retourner toute seule en vous laissant là.
—Oh! voyons, je vous ai dit... Pourquoi...
—François, c'est parce que je vous aimerai.»
Jusqu'à ce qu'elle s'éloignât sur la route de Paris, après cela, nous n'avons plus prononcé une seule parole. Quant à moi, je ne l'aurais pas pu: tout vacillait, les arbres tournaient.
Lorsque j'ai revu Yvonne, le soir: