—Sévère, non, mais déterminé.

—Mon Dieu, qu'y a-t-il donc?

—Je viens vous annoncer une grande nouvelle: j'ai découvert, vous ne l'ignorez pas, quatre pièces charmantes, dont trois ont vue sur le Palais-Royal. Et c'est un jardin délicieux que ce calme et doux Palais-Royal, pour qui le contemple de sa fenêtre.

—Ah! certes. C'est la place Saint-Marc à Paris, M. de Régnier l'a dit. Elle rappelle aussi d'innombrables palais romains, et un peu la place de la Carrière à Nancy, vous rappelez-vous? On peut encore songer à des coins de Versailles, si l'on y tient.

—Eh bien, le logis que j'ai déniché s'ouvre sur le magnifique balcon à pilastres qui court au quatrième étage, tout le long du Palais-Royal. Un grand vase de pierre sculptée s'y profile dans le ciel. En bas les charmilles du jardin sont pleines d'oiseaux. Des pigeons volent çà et là autour des arbres taillés et du panache d'eau, parmi les festons et les astragales des façades.

—Ce doit être très joli, au moindre rayon de soleil.

—Mais sous la pluie aussi! Il n'y a ni bruit, ni poussière, point de voitures qui passent, aucun cri de la rue. Seulement quelques jeux d'enfants... Le soir enfin, vient la paix exquise, et la nuit, c'est le silence: un parc... Au petit matin, du silence encore, mais avec le jour tout neuf, les pierrots, les fauvettes, et la gerbe d'eau qui chante, épanouie dans la solitude...

—Rien de si ravissant, du moins en plein Paris. Pourquoi me dire tout cela, pourtant, d'un ton si menaçant?

—Ces quatre pièces sont meublées, Marie. Leur arrangement est très simple, mais gentil; je n'ai pu mieux faire.