Revenant de Paris avec M. l'abbé Duregard, nous parlions un jour des divorces. M. l'abbé Duregard est un homme jeune encore, quarante ans peut-être, que l'on verra sous peu curé d'une grosse paroisse, bientôt évêque, et tout à l'heure archevêque, sinon cardinal: j'ai confiance en son avenir. Il n'y a rien en effet de si dispos, ni de si sain, ni de mieux agencé que son intelligence, où les moindres ressorts jouent sans faute comme sans bruit.
—«L'Église, monsieur l'abbé, condamne les divorces, et elle est trop sage pour s'être trompée. Avouez cependant que les annulations en tiennent lieu.
—Mais non, parce qu'elles sont très rares.
—Vous voulez dire qu'on les compte par centaines.
—Mettons cent cas de conscience, très délicats à débrouiller. Vous avez par contre des milliers de divorces: je rends hommage aux magistrats, néanmoins ils ont tant d'affaires!
—Où est la différence, quant aux jugements rendus? Les annulations pourraient devenir aussi fréquentes, et non moins étranges, que nos divorces: elles ont déjà débuté dans cette mauvaise voie. Sans manquer à la déférence, je crois, mon cher abbé, qu'on peut en convenir.»
Et notre discussion, pour cordiale et courtoise qu'elle fût demeurée, s'anima beaucoup. En riant, nous nous jetions mutuellement à la tête, d'un côté tant d'annulations scandaleuses, et par ailleurs tant de divorces bouffons. Soudain, et comme l'abbé disputait avec la plus gaillarde âpreté, je lui dis: