Et maman Bonne-Soupe, en haut de son petit escalier, regardait s'éloigner Fiquet et Roblin, tandis que le chat noir, assis à côté d'elle, regardait, lui aussi, s'en aller les soldats...
II. Le baptême de Ratu.
Peu à peu, les ruines se ranimèrent: on entendit rire; l'odeur du café, du rata revinrent rôder à heures fixes sur le champ des démolitions. Du sol, on voyait surgir des gaillards allègres, bien découplés, auxquels la vie en plein air avait donné le même âge, la même vigueur, la même bonne mine, la même courageuse sérénité. Les poilus s'improvisaient charpentiers, maçons, couvreurs, les uns reprenant leurs anciens métiers, et les autres faisant de bonne volonté leur apprentissage. Partout régnaient une activité jeune et gaie, et les chansons d'atelier. Les pantalons bleu horizon, les chemises de flanelle, les chandails de laine tricotée mettaient parmi les décombres les couleurs vives de grandes fleurs, depuis que toute une compagnie cantonnait dans les caves.