Pour la seconde fois, Ratu fait des prisonniers, mais cette fois, c'est avec l'aide de Colala.
VII. Ratu retrouve Fiquet.
Après avoir refoulé les Allemands bien au delà des lignes dont ils étaient partis, après avoir nettoyé et retourné leurs tranchées, on s'y installa sommairement, et l'on se compta. Beaucoup manquaient à l'appel. Fiquet avait disparu. Le caporal Bigeois dit à Colala:—«Qu'est-ce que tu as là, sur le dos?»—Cette loque noirâtre, ratatinée sur le sac, c'était Ratu, comme diminué de volume; Ratu était resté accroché à Colala, qui l'avait rapporté sans s'en apercevoir. Le pauvre chat avait les yeux à demi fermés, sa langue pendait un peu. On le crut mort. On le détacha du sac avec précaution. On lui lava le museau. Il n'était qu'évanoui. C'était un petit coup de sang comme en ont souvent les chats noirs, à la suite de trop fortes émotions.
—«Li pas mouri?» demanda Colala avec angoisse.