—«Tu l'aimes donc, à présent?»

—«Ratu ami Colala. Ratu monté sur Colala pour faire prisonniers. Colala pas kapout! Ratu fétiche, porté bonheur à Colala!»

Peu à peu, Ratu revenait à lui; il tourna languissamment la tête, lécha son museau qu'on avait mouillé, ouvrit tout grands les yeux, et miaula faiblement. Puis il renifla l'air autour de lui, et se mit à crier:—«Marraine! marraine!»

—«Ça n'est plus la mère Soupe qu'il appelle, dit Bigeois. C'est son cri pour dire: «Où es-tu? viens vite!» C'est Fiquet qu'il réclame, et le pauvre gosse a disparu!»

—«Marraine! marraine!» criait toujours désespérément Ratu.

Il se leva du coin où il était couché, se mit à sentir attentivement les bandes molletières de Colala, puis à flairer le sol tout autour de lui, comme cherchant une piste, s'éloignant peu à peu du groupe de ses amis.

—«Où va-t-il? demanda Bigeois.—Viens donc, mon Ratu! viens donc! marraine! marraine!»

—«Li laisser faire, cap'ral, dit Colala. Li griot, li savoir faire. Li sentir nègre, li chercher place où sauté sur Colala, place où perdu Fiquet, li pas bête.»

—«C'est vrai, approuva Bigeois. Ce que fait un chien de chasse n'est pas impossible pour Ratu, bien plus malin qu'un chien. Laissons-le faire.»