—Tu sais, vieux Charles!... l'infanterie ... c'est pas le filon!...

... Le lendemain, de bon matin, la voiture légère de l'escadrille vient nous chercher et nous dépose, en moins d'une heure, à notre port d'attache. Effusions, explications avec le capitaine, rapports, coups de téléphone à l'état-major, compliments; enfin, nous nous dirigeons vers notre cantonnement pour de nécessaires ablutions, quand nous rencontrons Racine, dont la figure s'épanouit du plaisir de nous retrouver.

Mais Chignole violemment l'interpelle:

—Ah! tu peux te présenter et faire le joli cœur!... C'est pas de ta faute si on est ici.... Naturellement, le moulin nous a lâchés....

—J'avais fait tout ce que j'ai pu....

—Eh bien! c'est pas grand'chose!... Je te le répète ... d'un peu plus, on était bons comme la romaine!... Des mécanos comme toi ... ça sert à faire casser la bouillotte aux copains....

... J'essaye de m'interposer, mais il continue agressif:

—D'abord, t'es un mécano à la manque ... à la mords-moi le pouce!... Un paysan, t'es bon à ta charrue et puis c'est tout.

—- Je ne travaillais pas aux champs ... j'étais chez le maréchal-ferrant.

—- Le maréchal-ferrant!!... et Chignole trépigne.... Un maréchal-ferrant!!... Il appelle ça un mécano!... Tu charries ou tu as le béguin!... Et puis, ne me regarde pas avec des yeux comme ça ... je ne suis pas un train....