... Un pétard de signalisation.
—Les Boches!
... Une dizaine d'avions ennemis sont en vue; les «bébés» Nieuport décollent pour leur barrer la route.
Nous courons aux abris casematés et nous nous y entassons tous, en disant mille bêtises. Par les meurtrières, nous suivons les péripéties du bombardement; les Boches sont maintenant au-dessus de nos têtes; un hululement significatif, les projectiles descendent.
—Quel est donc l'idiot qui est resté sur le champ?!?...
... C'est Racine qui, sans doute abattu par les reproches de Chignole, désorienté, désâmé, est resté à découvert.
—Racine.... Racine....
... Chignole et moi nous nous regardons; j'ai le cœur atrocement serré.
Nos camarades poussent un cri; une bombe vient d'éclater près de l'arbre contre lequel il était appuyé; la fumée l'enveloppe; quand elle s'élève, Racine est affalé, sans mouvement.
Nous bondissons, Chignole le premier; il asseoit le malheureux et le tient enlacé; son sang coule de ses manches, de son col, de partout.... Chignole, les yeux fous, regarde ses mains rouges.