— Pourquoi ?
— Parce qu’il aurait commis le péché contre l’esprit, qui ne peut être pardonné.
— Sûrement non, dit vivement Stéphanie, troublée par le ton quasi prophétique de Madeleine… Il n’y a rien en lui de satanique, quoi qu’en pense le Père Orban. Et quand il piétinait ma foi, ce n’était pas sur Dieu qu’il cherchait une victoire, mais bien sur moi.
— Alors, fit Madeleine en se levant, il faut le sauver.
Ses yeux offrirent alors le caractère même de l’inspiration, dans le sens propre, dans le sens compris par tout le monde : le reflet éclatant d’un feu invisible, extérieur à l’être.
— Que veux-tu dire ? questionna Stéphanie troublée.
La jeune fille immobile répliqua :
— Il faut que nous le sauvions.
Ce « nous » heurta quelque chose de si délicat, de si prompt à souffrir dans l’âme de Stéphanie qu’elle poussa un cri d’alarme :
— Non ! Non !… pas toi !