— Mais alors… quelle est votre situation exacte ?
— Comme la vôtre, sauf que je suis une simple servante.
— Vous n’avez fait aucun vœu ?
— Aucun. Pas même celui de pauvreté. Les quatre billes de cent francs qui constituaient mon pécule quand je suis venue ici, de la ferme où je travaillais, sont toujours en ma possession, et aussi quelques cadeaux que m’ont faits certaines dames retraitantes.
— Et si vous prononcez vos vœux ?
— Je donnerai tout aux pauvres de l’hospice.
Le lendemain de cette conversation, Stéphanie remit à Madeleine, roulé dans un papier de soie, le bracelet-montre en platine endiamanté. Depuis la tentation qu’il avait suscitée, elle ne le portait plus ; la présence même de l’objet dans sa chambre l’incommodait. La jeune fille accepta sans hésiter.
— Si je ne prononce pas mes vœux, dit-elle, je le garderai toujours.
Une autre fois encore, Stéphanie, devenue tout à fait familière avec son humble compagne, mais obsédée par le mystère de cette âme, lui dit :
— Ce béguin que vous portez toujours est bien affreux.