— Oh ! C’est que j’ai visité un certain béguinage de Bruges, avec ma mère, et votre bonnet est tellement pareil…

— Pas tout à fait, mademoiselle, je crois. Le nôtre n’a même pas d’ailettes.

— Oh ! réellement… Je vois. Vous m’excuserez ! C’est que nous avons aimé terriblement ces béguinages et tout le pays autour… Au revoir…

Madeleine la retint.

— Mademoiselle… Moi aussi, je voudrais vous demander quelque chose. Vous habitez l’hôtel ?

— Certainement.

— Voudriez-vous dire au monsieur du bureau que je désire lui parler… Je suis si dépaysée ici que je n’ose pas. Et j’ai quelque chose d’important à lui dire.

La jeune Anglaise éclata de rire.

— Oh ! Le monsieur du bureau n’est pas bien effrayant. Je vais lui dire… Attendez.

Elle courut légèrement à la tribune d’acajou. Le jeune élégant Allemand l’écouta avec déférence, puis, ayant regardé dans la direction de Madeleine, il quitta sa tribune, vint à elle, d’un air d’amabilité un peu contrainte et avec cet accent indéfinissable, international, qu’infligent à toutes les langues les portiers d’hôtel et les personnes royales :