— Que désirez-vous, ma Sœur ? dit-il.

Ils étaient en ce moment isolés tous deux dans le coin aux valises, près du téléphone.

— Monsieur, dit Madeleine, je voudrais voir M. Lazare.

Et comme le monsieur blond avait un léger sursaut.

— Oui. Le prince. Je lui apporte des nouvelles de Mme la comtesse d’Armatt, enfin… de… la princesse. J’étais auprès d’elle avant-hier, et je suis venue ici directement.

Pour soupçonneux que fût, par profession, son interlocuteur, il n’y avait pas moyen de douter de la sincérité de cette petite personne aux yeux gris.

Il pensa : « Seulement, c’est peut-être une folle. »

— Mais, ma Sœur, lui dit-il… Son Altesse, c’est-à-dire M. Lazare, est souffrant et ne reçoit personne. La consigne est formelle. Tout ce que je puis faire, c’est de remettre à son secrétaire, M. le comte Osterrek, la lettre de Mme la comtesse.

— Je n’ai pas dit que j’apportais une lettre de Mme la comtesse, corrigea Madeleine. J’ai dit que je venais donner de ses nouvelles.

Il lissa de sa main droite ses cheveux blonds, d’un air soucieux.