— Ach ! murmura-t-il, que c’est embarrassant !… que c’est embêtant !… Tenez, reprit-il, voulez-vous venir avec moi. Je vais prévenir le comte Osterrek. Il décidera ce qu’il lui plaira.


L’ascenseur ; une brève montée en compagnie du monsieur blond ; débarquement au deuxième étage. Appel du sommelier et conciliabule en allemand, à voix basse. Le sommelier conduit Madeleine dans un petit salon, et lui dit :

— Prenez place, ma Sœur, et veuillez attendre.

Il laisse Madeleine seule et referme la porte. Mais Madeleine entend bien qu’il ne bouge pas du corridor, en faction devant la porte.

L’attente est longue. Quel bonheur ! On a le temps de se recueillir et de remercier la chère patronne :

« Ce n’est pas moi qui ai parlé, c’est vous, sainte Madeleine. J’en ai trouvé des choses !… Et comme l’Évangile a raison de dire : « Ne vous préoccupez pas de ce que vous aurez à répondre. L’esprit répondra pour vous ! Oh ! n’importe qui peut venir, je n’ai pas peur. »

La porte s’ouvre, et un homme d’environ quarante ans, à figure bilieuse et fine, un peu chauve, vraiment élégant, celui-là, dans son complet gris beige, entre, referme la porte, va droit à Madeleine qui soutient le regard de ses petits yeux marron. Il parle avec une sèche politesse :

— C’est vous, ma Sœur, qui venez de la part de Mme la comtesse d’Armatt ?

— Je n’ai pas dit, répète tranquillement Madeleine, que je venais de sa part. Mais j’étais auprès d’elle avant-hier, et elle sait que je suis partie pour venir ici.