—Cronberg n'est pas un endroit de plaisir, ma chérie. Ni casino, ni parc. Un paysage pittoresque, et voilà tout. Mais rien ne nous empêche, quand nous voudrons, ce soir par exemple, de prendre le train pour Francfort. L'Opéra est célèbre. Nous pouvons aussi aller à Hombourg, où il y a un beau Kurhaus.
Julie lui prit la main:
—Non, restons ici.
—Moi aussi, j'aime mieux cela. Seulement il faudra nous contenter des promenades pour tout passe-temps.
Elle l'interrompit:
—Ai-je besoin de passe-temps quand je suis près de vous?
—On dit que les environs sont jolis, poursuivit-il, sans répondre à ce reproche... Je ne les connais pas; mais j'ai acheté à Hombourg une carte du Taunus. Êtes-vous bonne marcheuse?
—Avec vous, répondit-elle, j'irai n'importe où.
Le jour même il la mit à l'épreuve. Ils déjeunèrent dans le même restaurant que la veille, jaloux de retrouver la délicieuse sensation d'apaisement, d'union nuptiale, qu'ils y avaient goûtée. C'était le cabaret germanique, toujours pareil, en ces villages pittoresques de la région du Rhin: la grande salle au poêle de faïence, ornée des portraits de l'empereur et des fondateurs de l'Unité allemande; le jardinet à tonnelles, avec les tables recouvertes de napperons