—Ah!... Vous en avez été éloignée par un scrupule de conscience, sans doute?... Vous ne trouviez pas que... l'état de votre cœur... les habitudes de votre vie... comportassent une fréquentation assidue?... oui... c'est cela. J'ai le souvenir de la dernière visite que vous m'avez faite. Vous étiez inquiète, à ce moment-là, mais pleine de bonne volonté.
—Oh! oui, murmura Julie.
—Et cependant, vous avez failli? continua le prêtre, qui ne questionnait plus, qui se bornait à solliciter l'aveu tacite par de courtes haltes de silence au bout de ses phrases. Vous avez, quoique mariée, cédé à un amour coupable... avec un homme beaucoup plus jeune que vous?...
Elle se taisait. Son amour lui apparaissait, aux mots du prêtre, sous sa face criminelle, et elle s'étonnait d'avoir vécu tranquille, heureuse,—oh! plus que tout le reste de sa vie chaste,—en compagnie du péché... Dans l'appareil religieux qui l'environnait, à côté de ce prêtre, elle commençait seulement d'en souffrir religieusement; elle en voulait être lavée, pour jamais délivrée.
L'abbé demanda:
—Vous avez cédé à ce jeune homme, peu de temps après votre visite ici?
—Oui, mon père. Moins de trois mois après.
—Et vous lui avez appartenu... dans la maison même de votre mari?
—La première fois seulement... Ensuite... il a pris un appartement, et c'est là que nous nous sommes vus.
—Et là, toutes les fois qu'il a exigé de vous le péché... vous avez consenti?...