—Écoute-moi, dit-elle. Aie pitié de moi! Ne me fais pas souffrir plus qu'il ne faut! Tu sais bien que tout est fini.

Il répéta obstinément:

—Je t'aime!

Et il ne mentait pas. Il avait horreur de ses hésitations et de ses trahisons: il se sentait à présent incapable de quitter Julie.

—Je suis bien résolue, reprit-elle. Je te rends à toi-même, mon aimé. Marie-toi, et (sa voix se fêla) sois heureux.

—Je t'aime! répéta Maurice. Je ne veux que toi!

C'était lui, maintenant, qui, le front buté entre les genoux de son amie, sentait monter à ses yeux une marée de larmes charriant son passé, son amour, son cœur, tout lui-même. Julie, la main légèrement posée sur les cheveux du jeune homme, continua:

—Ne crois pas que je t'en veuille... Je n'ai pas changé... Je ne changerai pas, je serai toujours la même pour toi,—c'est la vérité vraie que je dis là!... Je t'ai bien aimé, va, mon chéri! Je veux, comme avant, que tu sois heureux. Si j'ai du chagrin, aujourd'hui, c'est que je ne puis plus te rendre heureux dans l'avenir. Voilà mon chagrin, vois-tu...

Maurice balbutia:

—Julie!... Ma Julie!... Ma Yù!