—Non, monsieur. Mademoiselle sait que Monsieur est là. Elle le prie de vouloir bien l'attendre.
Claire entra quelques instants après. Elle était pareille à la Claire de tous les jours, sérieuse et souriante; et pourtant, quand il la vit s'avancer vers lui, il pressentit un événement. Il tressaillit, touché par le doigt de la destinée. Il questionna:
—Est-ce que je vous dérange?
—Oh! non, fit la jeune fille en s'asseyant près de lui; au contraire, je suis contente de vous voir.
—Le piano est donc abandonné, aujourd'hui?
—Je n'ai pas le cœur à jouer, répondit-elle simplement... Vrai, je désirais vous voir, parce que j'ai quelque chose de sérieux à vous dire. Voulez-vous me permettre de vous en parler tout de suite?
—Bien sûr... Vous m'inquiétez.
—Ce n'est rien qui doive vous inquiéter. Il s'agit de moi, d'un conseil que je veux vous demander, comme à mon plus ancien ami.
Maurice la remercia d'un regard. Elle continua:
—Voici. Que pensez-vous du baron de Rieu?