-- Oh ! cela, jamais ! pensa-t-elle.
Et sa résolution se fortifia, d'asseoir l'avenir sur des fondations solides, malgré tout.
Le coup de sonnette évoqua un pas léger; la porte, s'ouvrant, laissa voir Etiennette, vêtue d'une très simple robe de drap bleu, avec un tablier de batiste à bavette, épinglé sur les seins, noué à la taille.
-- Dieu ! que tu es mignonne comme cela ! s'écria Maud en l'embrassant. Je viens te rendre ta visite.
-- Vrai ? répliqua gaiement la jeune fille. C'est gentil. Tu vas rester à dîner. Oh ! si toute seule avec moi... Maman est souffrante, ajouta-t-elle, elle a ses douleurs de coeur. Elle est couchée.
-- Non, chérie, ce n'est pas possible. On m'attend chez moi, ce soir: les Chantel dînent dans l'intimité. Mais j'ai une demi-heure à te donner.
Elle suivit Etiennette à travers l'étroite antichambre, jusqu'au salon, bas de plafond, étouffé de tentures, crevant de meubles, où se devinaient les épaves d'une autre installation, plus ample.
Etiennette s'en expliqua tout simplement:
-- Tu vois, nous sommes bien mal à l'aise, mais je n'ai pas voulu vendre au hasard ce qui avait un peu de valeur, quand nous avons déménagé. Je tâcherai de gagner un logement à tout cela avec ma guitare.
-- Justement, dit Maud en s'asseyant, je viens te parler de ta guitare et de tes chansons. Hier, je t'ai à peine entrevue, à l'Opéra. Je n'ai pas eu le temps. Voici ce que j'ai projeté, vois si cela te convient. Maxime de Chantel va quitter Paris dans quelques jours...