—Bonjour, Marie, où est le petit? Petit! petit! cria-t-il ne le voyant pas comme à l'ordinaire dans sa cage égayée de fleurs et de feuilles vertes qu'il venait de renouveler.

—Vois qu'il fait beau, répondit Marie, en le conduisant à la fenêtre. Réjouis-toi, Georges. Notre ami est plus près que nous da ciel. Le ciel est à lui, vois-tu? et je le lui ai rendu tout à l'heure; regarde mes yeux... Je ne pleure plus. Georges cacha sa tête sur la fenêtre, et demeura pétrifié de douleur.

—Ah! Marie! dit-il enfin, rouge de reproche et de passion, tu m'as pris mon ami. Tu ne m'aimes pas; tu n'aimes pas l'oiseau non plus, puisque tu l'as ainsi délivré.

—Délivré! tu sens toi-même que c'est une délivrance. Tais-toi donc, mon frère; et pense qu'il n'était à nous que pour le guérir, le recevoir en passant, comme un pèlerin blessé. Il chante peut-être nos deux noms à la porte du ciel! tais-toi donc! dit-elle en embrassant Georges qui l'embrassa lui-même; car il sentait que le cour de Marie était gros et battait contre le sien.

Oui! dit-il en la regardant, les yeux mouillés, mais pleins de courage: Tu as bien fait!

Vers le soir, comme ils rêvaient tous deux en regardant du coin de l'oeil la cage silencieuse ils entendirent: tac! lac! tac! contre la vitre. O joie! c'était l'oiseau qui battait ses ailes pour rentrer. On ne le fit pas attendre, vous le devinez bien! Georges en poussant un cri de bonheur, courut vers la fenêtre; Marie, qui était la plus grande, l'ouvrit en jetant vers le soleil couchant un regard heureux, tandis que Georges couvrait l'oiseau fidèle des chauds baisers de sa reconnaissante tendresse, et leur libre ami, tous les jours de sa douce vie d'oiseau, se partagea dès lors entre le ciel et sa cage ouverte!

L'homme s'élève de la terre au ciel, à la faveur de deux ailes, qui sont la simplicité et la pureté.

LE LIVRE D'UNE PETITE FILLE.

Dieu bénit les enfants qui vont vite à l'école;