Il s’écria:

—Non!... Nous rencontrerons votre père, ou Spaniello, ou l’abbé Masini. Je veux parler à vous seule, et ma place est à vos pieds, humblement... Ma chère Madone, que vous ai-je fait?... Vous êtes si froide, si dure pour moi!

—Je suis toujours la même... C’est vous qui avez changé d’attitude et de langage. Vos lettres...

—Elles ne vous ont rien appris, mes lettres, rien du tout!... Vous savez bien que je vous aime à la passion, que ma vie est à vous, à vous mon âme, à vous mon sang... Je vous aime, madame Marie, je vous veux tant de bien...

—Ah! non!... non!... Si vous me parlez d’amour, je m’en irai...

Il la retenait toujours.

—Vous ne serez pas si cruelle? Est-ce que je vous offense?... Est-ce que je ne suis pas respectueux?... Je vous aime, et il faut que vous m’aimiez. Ce sera le bonheur de ma vie, et aussi de la vôtre, parce que Dieu nous a faits pour cet amour et que c’est un péché de n’être pas heureux quand on peut l’être.

—Mais je ne vous aime pas, moi, monsieur Angelo.

—Vous n’en savez rien... Vous êtes une femme du Nord, vous ignorez la passion, la nôtre, et celle qui va d’un cœur à un autre comme un feu... Puisque la mienne ne peut pas s’éteindre, la vôtre s’allumera... Ne dites pas oui, mais ne dites pas non! Souffrez ma tendresse... éprouvez-moi... Commandez!... Je suis là pour vous servir... Que dois-je faire?...

—Me laisser tranquille, et vous en aller.