Attirée, comme une phalène, la femme alla vers cette lueur et, soudain, elle s’aperçut qu’elle marchait sur des roses. Celui qui avait fleuri la porte de la chambre d’amour avait dépouillé le jardin pour tracer un chemin vermeil à la bien-aimée attendue.
Les rossignols de mai chantaient. Des lucioles phosphorescentes rayaient les ténèbres. Devant la porte éclairée, Angelo se dressa, tandis qu’Isabelle jetait un faible cri. Mais, tout de suite agenouillé, il baisa ses pieds nus.
Il balbutiait:
—Fiancée! amante! épouse!
Puis il la saisit, il souleva sans effort le grand corps pâmé dont les cheveux balayèrent le tapis de roses et, répétant le geste rituel de ses ancêtres, il franchit le seuil nuptial.
XVII
Quand la porte se rouvrit, entre les colonnettes blanches, le frisson de l’aube passait sur la mer. La nuit aux pieds d’argent, aux tresses bleues, fuyait vers le large et jetait la lune fanée par-dessus les hauteurs de la Campanelle. Quelques lambeaux de son voile, accrochés aux pentes crépues, assombrissaient encore les ravines et les vallons noirs d’orangers. Mais déjà les maisons de Ravello, les jardins en terrasses et le campanile de Saint-Pantaléon apparaissaient dans une transparence azurée.
Isabelle s’arrêta sous la guirlande liminaire. L’écharpe violette, enroulée à son corps, traînait sur ses pieds nus. A demi tournée vers Angelo qui la retenait, elle murmura:
—Ne me suis pas... On pourrait nous voir... Le jour vient...
—Pas encore...