—Une toute petite, mais trop grande pour moi! Que me faut-il, à mon âge? L’air de Ravello est si fin qu’il m’entretient en santé... La poussière des archives me nourrit. Et je suis heureux d’écrire, pieusement, la relation du miracle de saint Pantaléon, martyr, dont le sang se liquéfie, à la messe solennelle du vingt-sept juillet, dans la cathédrale de Ravello,—ce qui contrarie fortement ces messieurs de Naples, avec leur saint Janvier!... Le sang de saint Pantaléon est moins célèbre dans l’univers, mais j’ose dire qu’il n’est pas moins précieux et peut-être plus authentique...

—Cousin, prenons garde de ne pas dire des paroles légères! Saint Janvier est un grand saint! s’écria donna Carmela.

—Si vous connaissiez mieux saint Pantaléon!

—Ah! le vénérable, qu’il nous exauce! Qu’il nous fasse trouver le trésor! Nous lui donnerons un vase d’or pur pour son ampoule.

La discussion continua entre la vieille dame et le curé. Angelo se leva de table.

—Maman, j’emmène madame Isabelle. Je veux commencer son portrait. Après la séance, nous irons en promenade.

Dans le jardin, sous la pergola que criblait le soleil, Isabelle se plaignit:

—Où êtes-vous allé?... Vous n’étiez pas impatient de me revoir?...

Il ne répondit pas. Quand ils furent dans l’atelier, il se jeta sur le divan, la tête dans ses mains.

—Angè!... qu’as-tu?... Pourquoi cette tristesse?... Tu ne m’aimes plus?...