—Dieu me sauve de cet amour-là!
—La nuit, quand tu écrivais à Claude des lettres prudentes, toi qui n’as pas le courage de l’amour, je descendais au jardin, je passais sur un chemin de roses effeuillées; et l’air était si tiède que je croyais être nue... Comme la porte était lumineuse, sous la guirlande!
—Je l’ai vue briller dans la nuit, cette porte! et je n’ai pas deviné que tu allais vers elle, sournoisement, comme une voleuse.
—Notre petite chambre!... la fenêtre et le figuier!... le verre où nous buvions!... la lampe qui se pâmait avec nous... J’ai tout ça dans ma mémoire; j’emporte ce trésor; je le contemplerai tous les soirs de ma vie, et je ne pleurerai plus d’être née...
—Tu as perdu toute pudeur... Tu es digne de ton amant!
—Envie-moi, Marie! Sois jalouse!
—A qui t’es-tu donnée!...
—Tu ne le connais pas...
—Ensemble, nous avons ri de lui... de son langage, de ses façons...
Les yeux d’Isabelle détestaient Marie.