—Il y a, sur la porte du Baptistère, une figurine de Ghiberti que j’aime entre toutes: une femme svelte, longue, qui garde aux plis de sa robe de bronze un rehaut d’or presque effacé. Elle tourne la tête, et l’on ne voit pas son visage, mais on devine le sourire délicieux... Ma rêverie romanesque s’attachait à ce sourire invisible... J’étais ému, sans raison, comme si un dieu bienveillant m’avait promis un grand bonheur... Et je me disais: «Suis-je ridicule!... suis-je bête!... Cette Josanne, si elle savait, se moquerait de moi!...» Pourtant, mon instinct ne me trompait pas: un grand bonheur venait vers moi, au son des cloches, dans ce beau soir d’automne florentin...

—Et c’était la première fois que vous étiez si... romanesque?

—Comment l’entendez-vous?

—Vous n’aviez jamais rencontré une femme digne d’être votre confidente, votre amie?...

Josanne rougissait en parlant. Noël répondit comme à regret:

—J’avais cherché...

—Souvent?

—Pas souvent... Et si mal!... Et je vous ai trouvée bien tard...

—Hélas!

—Trop tard?...