—Nous le saurons demain... Soyez calme pour être forte... Je dois m’en aller, mais voilà monsieur Delysle qui restera avec vous... Là, c’est fait.

Noël tenait la main de son amie... Il l’exhortait au calme, à la confiance. Josanne l’écoutait sans l’entendre, et le regardait sans le voir. Elle ne voyait que Claude... Elle ne pleurait pas, mais elle avait les lèvres aussi pâles que ses joues, les narines serrées, un pli entre les sourcils, et ses yeux paraissaient plus enfoncés dans leurs orbites. En deux heures, elle avait changé: blêmie, et comme maigrie par l’angoisse.

—Vous pouvez partir, docteur! dit Noël d’un ton résolu. Madame Valentin sera très raisonnable; je l’aiderai à soigner Claude, et demain vous serez plus content...

Il alluma une bougie.

—Pas trop de lumière!... J’emporte la lampe... Je vous rejoins à l’instant, Josanne.

Dans le salon, la porte fermée, il demanda:

—La vérité, docteur, je vous prie.

Timoré par caractère et prudent par profession, le docteur répondit:

—Heu!... heu!... Je n’ai pas de certitudes... Il faut attendre à demain, et ne pas désespérer... La nature a des ressources...

—C’est donc bien grave!