»Je n’hésite pas... Je connais M. Foucart. Il est sensible aux jugements d’autrui, et sans doute il pense, à cette heure, tout le bien qu’on lui a dit de moi.
»Il me semble, monsieur, que je ne dois pas vous laisser ignorer ces choses, et ce serait fort mal à moi de ne pas vous remercier.
»JOSANNE VALENTIN.»
«Je connais Chartres, madame... Je connais la place où vous demeurez... Quand j’ai lu votre lettre, tout à l’heure, dans la rue, appuyé contre la grille du Baptistère, j’ai vu, tout à coup, une vieille ville, une petite maison, une cathédrale dressée, avec ses flèches différentes, et son beau toit de cuivre vert, l’automne qui vient, le jour qui s’en va, et, sur toutes ces choses, la douceur de France...
»J’ai vu cela; puis j’ai relu votre lettre, et la vision s’est effacée, parce que j’ai essayé de vous voir, vous. Une âme est plus émouvante qu’un paysage, et il me semblait que je devinais la vôtre, jeune, grave, douce, énergique, une âme de France, elle aussi.—Ce n’était pas vous offenser par une curiosité vaine, puisque j’avais eu, de votre aveu, une petite part au changement de vos projets, et que cela me donnait l’ombre d’un droit, l’ombre d’une responsabilité, dont j’étais tout ému et tout fier... Vraiment, madame, je ne prévoyais pas que la Travailleuse me procurerait ce plaisir-là...
»Il serait bien gâté, si je devais vous le taire. Je l’exprime donc, comme je le sens, et je vous demande, à titre de confrère,—je n’ose dire à titre d’ami,—la permission de vous donner un conseil. Allez à Paris; voyez Foucart. S’il ne persiste point dans ses bonnes dispositions, avertissez-moi: je pourrai très probablement vous introduire soit à Femina, soit à la Vie heureuse.
»Disposez donc de moi, madame, en toute simplicité, et recevez mes très respectueux hommages.
»NOEL DELYSLE.»
«Monsieur,
»J’ai rassemblé tout mon courage: je suis allée à Paris; j’ai vu Foucart. Brusquement, roidement, il m’a dit: