»—Je ne vais pas remercier une collaboratrice pour vous faire plaisir, mais, puisque vous voulez écrire un peu proprement (sic), je vous colle au reportage.

»Cette phrase, où vous reconnaîtrez le style de M. Foucart, a décidé de mon destin. Je quitte Chartres. Ma bonne tante gardera près d’elle mon petit garçon. Et moi, j’irai interviewer les gens célèbres.

»Je vous avoue que cela me fait peur,—très peur,—moins que les austères joies de l’enseignement,—moins que la vie de province...

»De la chambre où je vous écris, j’aperçois le porche latéral de Notre-Dame, sa rose flamboyante, ses statues couronnées, et son «beau toit de cuivre vert», où luit un reflet de lune. Vous aimez ce paysage?... Moi, je n’ai pas pu l’aimer. Il s’associe, dans ma pensée, à trop de deuil et de tristesse. C’est là, pourtant, que votre franche et bonne sympathie est venue vers moi, comme un heureux présage. Merci encore, et de tout cœur.

»JOSANNE VALENTIN.»

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XI

Mademoiselle Bon, rédactrice en chef de l’Assistance féminine, arriva un peu trop tôt chez Josanne, le matin du 1er janvier: elles avaient résolu de déjeuner ensemble avant d’aller à Auteuil visiter la «Villa Bleue», refuge pour les filles-mères.

La vieille demoiselle suivit l’allée humide et noire, monta l’escalier plus noir encore, où la concierge tapie dans un coin de l’entresol, surveillait les locataires comme une araignée guette les mouches. Le gaz parcimonieux clignotait. Une voix chanta:

Vous êtes si jolie...