Ils prirent vivement Sandrine et la déposèrent auprès de deux petites boîtes d'enfants qu'on avait mises bout à bout pour ne pas perdre de place. Et aussitôt la sauterelle s'éloigna par le fond de l'allée, où deux de ses pareilles la devançaient.
Jacques ne pleurait pas. Il suivait docilement le patron et sa femme. Mais, avant de sortir du cimetière, il se retourna vers les érables blancs, et ses lèvres remuèrent comme s'il leur parlait.
Moi aussi, je me retournai vers les érables blancs. Je voulais revoir leur feuillage grêle, plus fin que de la dentelle et qui semblait vouloir s'envoler au vent. Puis mon regard s'abaissa pour faire le tour des immenses carrés de tombes qui brillaient sous le soleil, et lorsque je repris ma place auprès de Bergeounette, elle disait en respirant largement:
—Aujourd'hui, le cimetière est beau comme un paradis.
VII
Les fêtes de Pâques et l'enterrement avaient apporté beaucoup de retard dans le travail.
Le patron décida de prendre une nouvelle ouvrière pour remplacer Sandrine, et il fit une affiche que Bergeounette alla coller rue de la Gaîté.
Il apportait le même soin à ses affiches qu'à ses broderies. Ses lettres s'arrondissaient et se liaient, et on pouvait facilement lire de loin:
On demande
Une très bonne ouvrière couturière.
Très pressé.
Bouledogue grogna: