La veille de son départ, mon mari avait été le remercier de ses bontés pour nous et du présent qu’il m’avait offert. Il fut excessivement bienveillant pour M. de Ujfalvy, qui le trouva bien changé, vu son état maladif. Il lui souhaita toutefois un heureux voyage.

Le fils aîné du maharadjah.

«Je suis, répondit Rembir-Singh, entre les mains de la Providence, et d’ailleurs, ajouta-t-il en regardant son fils, les vêtements qui ont fait leur temps doivent céder la place aux autres!»

Les Orientaux ont un langage très imagé, et, en parlant, ils donnent aux personnes des titres qui indiquent presque toujours le genre de connaissances ou les qualités qu’elles possèdent.

Les actes mêmes, m’a dit M. H..., surtout ceux où il est question de concessions de terres, sont écrits dans un style excessivement recherché, mêlé même de stances. Il est aisé, du reste, de s’en faire une idée si on veut traduire les inscriptions qui sont sur leurs ustensiles journaliers.

Ni leur style ni leur langage ne sauraient être concis. Lorsque Rembir-Singh demanda à M. de Ujfalvy dans quelle ville il était né, mon mari lui répondit: «A Vienne, en Autriche.—Je ne la connaissais pas, dit-il, mais elle doit être certainement au centre du monde.»

Au Cachemire, par exemple, un subalterne parlant à un supérieur lui dit toujours: «Garibal». Ce mot veut dire: «Je suis un pauvre homme, ayez pitié de moi». Notre tchouprassi répondait toujours, lorsque M. de Ujfalvy lui commandait ou lui disait quelque chose: «Garibal!»

Leurs proverbes sont charmants et peignent très bien leur caractère. Il faut en citer quelques-uns:

«La religion est l’échelle par laquelle les hommes montent au ciel.