Les Koulous sont généralement d’une taille au-dessous de la moyenne; ils ont le front moyen et droit; les bosses sourcilières sont nulles, le nez long, droit et courbé. La bouche est assez grande; leurs lèvres sont grosses et généralement renversées en dehors. Leurs cheveux sont noirs et frisés, et la barbe est abondante. Ils ont, en général, le cou fort, mais cependant leur taille est assez fine, et ils ont peu d’embonpoint; cela vient, je pense, de la grande habitude qu’ils ont de faire de longues marches pour se rendre d’un village à un autre. Les Lahoulis sont plus grands que leurs voisins, mais le type est à peu près le même; leurs yeux sont plus droits et leurs dents souvent usées; les mains sont grandes, mais leurs pieds sont petits.
Le travail fini, vite il nous faut aller examiner le jeune fils de l’ancien radjah dépossédé. Il est en visite chez le chef de district anglais. Au milieu de la conversation il nous fit voir ses bijoux, consistant en chaînes d’argent, en colliers, en bracelets, en bagues et en bijoux de jade incrusté de pierres fines, travail qu’on fait seulement aux Indes et en Chine, car le jade est très dur à travailler. Voulait-il nous les vendre? Peut-être. Il ne lui restait de son ancienne splendeur qu’un bonnet garni de plumes de lophophore. Il avait une jolie tête, mais le corps était épais et petit.
Il portait des souliers vernis, témoignage de sa servitude et des efforts qu’il faisait sans doute pour s’europaniser.
Soultanpour est la résidence d’un commissaire britannique. Comme toujours, il y a la ville indigène et quelques habitations anglaises; ces dernières, tout nouvellement bâties, sont très éloignées l’une de l’autre.
Pour nous rendre du bungalow à la première, nous suivons un chemin ombragé, le long duquel les indigènes ont construit quelques misérables échoppes, nous traversons un torrent sur un pont très rustique, nous montons une pente assez rapide et nous arrivons à la porte de la ville; celle-ci a dû être fortifiée autrefois, car on n’y peut entrer que par des portes hautes et étroites.
Jadis, au temps des radjahs, ces portes étaient soigneusement fermées la nuit, à cause des voleurs de grands chemins qui avaient l’habitude de rôder autour.
Mais, depuis que les Anglais ont eu l’excellente idée de pensionner le dernier de ces principicules, la sécurité est revenue et les portes restent grandes ouvertes.
La principale rue de Soultanpour, que les indigènes appellent plus volontiers Koulou, est étroite, sale et tortueuse; elle représente en même temps le bazar de la ville.
Les boutiques y sont maigrement achalandées; la plupart sont fermées et n’ouvrent que pour la grande fête annuelle du mois de septembre. On nous offre des lotas en cuivre de formes différentes; quelques-uns sont grossièrement travaillés, mais la forme en est toujours jolie, de grosse toile, du fil, de la poterie, etc., qui ne nous donnèrent certes pas l’idée de la perfection à laquelle les Hindous s’élevèrent dans la fabrication de la porcelaine, puisque, à ce que prétendent quelques archéologues, ce sont eux qui l’apprirent dans les temps les plus reculés aux Chinois. Ils fabriquèrent autrefois ces beaux vases jaspés de bleu et de rouge sur un fond blanc, qu’on appelait murrhins et dont les Romains faisaient grand cas. Ils durent, en effet, être des premiers à fabriquer la porcelaine, car ils trouvèrent dans leur pays une grande quantité de terre argileuse.
Un bania nous présente de très beaux vases en cuivre, et, malgré le prix assez élevé qu’il en demandait, mon mari finit pourtant par s’arranger avec lui.