Quelques chiffres maintenant. L’intégralité des 97 entretiens est proposée en français, avec 72 entretiens originaux et 25 traductions. Sur les 39 entretiens en anglais, 24 sont des textes originaux et 15 des traductions. Sur les 12 entretiens proposés en espagnol, 2 sont des textes originaux et 10 des traductions (j'explique dans le paragraphe suivant la raison des dix traductions). Par ailleurs, sur les 97 entretiens, 57 entretiens sont unilingues (à savoir uniquement en français), 31 entretiens sont bilingues (30 bilingues français-anglais et un bilingue français-espagnol) et 8 entretiens sont trilingues (français, anglais, espagnol). Un entretien est quadrilingue, celui de Bruno Didier, grâce à la traduction en allemand faite par sa collègue Monika Wechsler.

En fait j’aurais souhaité que la série soit intégralement trilingue, et j’y crois encore en 1999-2000. A cette date, j'ai aussi pour projet de contacter plusieurs hispanophones, d'autant que le web hispanophone est en pleine expansion, particulièrement en Amérique latine. Il me faut donc montrer aux hispanophones unilingues en quoi consiste "mon" projet, non pas en théorie, ce qui ne sert pas à grand chose, mais en leur donnant la possibilité de lire une douzaine d’entretiens. Voici la raison pour laquelle je traduis en espagnol dix entretiens francophones et anglophones. Mais, une fois de plus, je place la barre un peu haut. Les traductions du français vers l’anglais et l’espagnol restent malheureusement trop peu nombreuses pour des raisons de temps (les journées n'ont que vingt-quatre heures et je dois gagner ma vie par ailleurs) et pour des raisons financières (je rémunère bien sûr Greg et Maria Victoria pour leur travail). Quant aux quelques contacts pris en vue de trouver un financement pour ces traductions, ils échouent tous lamentablement, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord.

= Tentatives auprès des "canaux dirigistes"

Comme nombre de ceux qui poursuivent contre vents et marées une activité bénévole pendant plusieurs années, je fais également quelques tentatives auprès des "canaux dirigistes" pour les intéresser à mon travail et obtenir un financement tant en gardant le même esprit et toute liberté de manoeuvre. J’y mets vraiment du mien puisque je prends à plusieurs reprises mon bâton de pèlerin pour sillonner la France, le Québec, la Belgique et la Suisse, en suivant les conseils de certains disant que, dans ce domaine, le contact "réel" est préférable au contact "virtuel".

Je contacte des organismes en tous genres, traditionnels et numériques, y compris des éditeurs et sociétés de presse qui, à priori, sont censés s'intéresser au livre, et qui s'y intéressent, mais uniquement pour couvrir le travail d'organismes "reconnus" et donner la parole aux directeurs et responsables de ceci ou de cela. On n'a donc pas vraiment la même optique. On me propose aussi de monter un projet (une expression qui semble vraiment à la mode…) alors que le projet est non seulement monté mais aussi réalisé, et qu'il marche très bien, merci pour lui. On me propose encore de remplir des dizaines sinon des centaines de paperasses pour un résultat tout à fait hypothétique, une chose que j'ai faite par le passé à l'ère du papier mais qui me paraît passablement ringarde à l'heure de l'internet.

Pour résumer, encore du temps perdu pour un résultat nul, mais au moins, comme tant d'autres, j’aurais essayé.

= Publication sur le Net des études françaises

Dès 1999, la série des Entretiens est disponible en ligne, afin que les participants potentiels sachent à quoi s’en tenir sur l’esprit du travail et puissent lire ce qui a déjà été écrit sur tel ou tel sujet. Autre avantage de la mise en ligne, les participants peuvent retrouver leurs propres textes pour les relire s'ils en ont envie, ou encore pour créer un lien vers eux à partir de leur propre site, ou encore pour les actualiser et les compléter l'année suivante. Avant la mise en ligne, j'archivais toutes les réponses et j’envoyais à chacun un copier-coller avec son texte de l’année précédente, au cas où il ne l’aurait pas conservé, ce qui s'est avéré plus d'une fois fort utile.

Avant de trouver leur place définitive en juillet 2001 sur le Net des études françaises (NEF), les Entretiens déménagent malheureusement un peu trop souvent, à mon corps défendant. Une première série trouve place sur Biblio On Line (merci à Jean-Baptiste Rey), puis sur le site du CEVEIL (merci à Cynthia Delisle). De courts extraits de versions anciennes et actualisées depuis sont publiés dans E-Doc, une rubrique d’Internet Actu que j’anime pendant cinq mois, entre juin et octobre 2000 (merci à François Vadrot). Je décide ensuite de poster les Entretiens sur mon site personnel CompuServe en attendant la possibilité de les publier sur le même site pendant de nombreuses années, sans craindre une fermeture de rubrique et un changement d'URL.

Enfin la lumière après les errements… Quelques mois après avoir interviewé Russon Wooldridge, professeur au département d’études françaises de l’Université de Toronto, notre correspondance se poursuit de manière informelle. En été 2001, je lui demande s’il accepterait de publier la série des entretiens sur le Net des études françaises (NEF), créé à son initiative et dont l’esprit me séduit. Le NEF se veut d’une part "un filet trouvé qui ne capte que des morceaux choisis du monde des études françaises, tout en tissant des liens entre eux", d’autre part un réseau dont les "auteurs sont des personnes oeuvrant dans le champ des études françaises et partageant librement leur savoir et leurs produits avec autrui". Deux belles définitions qui s’appliquent aussi aux Entretiens. Il était donc normal qu’il y ait synergie puis fusion. Les Entretiens sont intégrés au NEF en juillet 2001, tout comme Le Livre 010101: enquête, qui rassemble les réponses de manière thématique (voir ci-dessous un descriptif plus détaillé du Livre 010101). En mai 2002, Russon crée une base interactive sous TACTweb qui permet des recherches textuelles dans l'ensemble du travail.