Le dôme s’élève sur 12 piliers ronds en marbre et 4 en granit. Les 16 baies de la coupole sont faites de verre coloré sur fond d’or, et la lumière donnée à l’intérieur est un enchantement. Si certaines des baies sont du 15e siècle, la plupart sont des 18e et 19e siècles. Les murs octogonaux sont ouverts par 56 baies, soit 7 pour chaque mur. La construction entourant le dôme est supportée par 8 piliers de marbre et 16 piliers de granit coloré. Les piliers de granit sont surmontés de chapiteaux qui viennent sans doute du Temple d’Hérode ou de l’église de Saint-Sépulcre détruite par les Perses en 614.

Les piliers situés sur le dôme et la partie inférieure de la mosaïque sont très anciens. L’entrée sud est la plus ornée, parce qu’elle fait face à La Mecque. Une inscription coufique entoure la base du dôme.

Au-dessus des colonnades octogonale et circulaire entourant le Rocher Sacré court un décor de mosaïques sur plus de 1200 m2 de surface de mur. Le revêtement date de l’époque de construction du monument. Ces mosaïques omeyyades forment un ensemble unique au monde, avec une profusion de rinceaux d’acanthe et divers motifs végétaux réalistes ou stylisés, puisque la loi musulmane interdit la représentation d’êtres vivants.

A partir de 1927, dans le cadre d’une collaboration à l’oeuvre monumentale de l’orientaliste britannique K.A.C. Creswell sur l’architecture musulmane, Marguerite van Berchem fait une description détaillée de ces mosaïques [14]. Suite à cette étude, elle conclut que ce chef-d’oeuvre de l’époque omeyyade est l’oeuvre d’artistes syriens et non d’artistes byzantins, comme il était communément admis avant ses travaux. Trente ans plus tard, en vue d’une nouvelle édition de l’ouvrage de K.A.C. Creswell, elle procède à un deuxième examen de ces mosaïques [15].

D’après elle, ce décor floral est une symbiose entre les traditions gréco-romaine et orientale. La tradition gréco-romaine est représentée par les plantes d’acanthe, les rinceaux, les vignes, les arbres, les guirlandes de fleurs et de fruits, les cornes d’abondance. La tradition orientale, ce sont les grandes fleurs stylisées en forme de lotus ou de tulipes. Les couleurs dominantes sont le vert avec huit teintes de vert, le bleu avec six teintes de bleu, et l’or.

Dans la partie supérieure des mosaïques court une belle inscription en caractères coufiques longue de 240 m, qui date elle aussi de la construction du monument. En or sur fond bleu, elle fait deux fois le tour de l’édifice, sur les faces interne et externe de la colonnade octogonale.

Un autre beau spécimen de l’art omeyyade est le décor de bronzes dorés. De larges plaques ornent les soffites des grandes portes d’entrée placées aux quatre points cardinaux. Des plaques plus étroites recouvrent le dessous des 24 poutres-tirants reliant entre eux les chapiteaux de la colonnade octogonale, à six mètres au-dessus du sol. Les motifs dominants sont les vignes avec leurs enroulements, leurs feuilles et leurs grapes. [16]

= Mosquée al-Aksa (al-Aqsa)

Située en bordure de l’esplanade à côté du mur sud du Haram, la mosquée al-Aksa est le deuxième grand bâtiment du Haram al-Sharif. Elle est la première des 35 mosquées de Jérusalem. L’enceinte du Haram comprend 6 autres mosquées. A l’intérieur des remparts de la Vieille Ville, on en compte encore 28 autres.

Le choix de l’emplacement du sanctuaire de prière sur le Haram est relaté dans le texte du 14e siècle appelé Muthîr al-Ghirâm. Celui-ci reprend le texte de Kulthum Ibn Ziyad, qui tient lui-même le récit d’Al-Walid. Al-Walid relate qu’après avoir choisi l’emplacement de la future mosquée, Omar commence à nettoyer le terrain de ses propres mains. Il met au fur et à mesure les immondices dans son manteau, et les jette dans le wadi Sahannam. Sa suite fait de même. Ils font ainsi plusieurs voyages, jusqu’à ce que tout l’emplacement soit nettoyé. Puis ils prient. [17]