= Le minitel français
Poncif maintes fois répété, les débuts de l’internet en France sont freinés par le minitel, réalisation pilote en son temps, avec utilisation intensive par un quart de la population.
Lancé par France Télécom en 1982, le minitel est un terminal permettant la consultation de serveurs à domicile moyennant rétribution, grâce à un accès par Télétel, le réseau vidéotex français. Cette consultation est fortement encouragée par l’Etat français, qui distribue gratuitement des millions de terminaux. L’opération minitel est un succès, contrairement à des opérations similaires menées dans d’autres pays (Prestel en Angleterre, BX en Allemagne et Alex au Canada) qui, elles, ne remportent pas le succès escompté.
Même s’il est technologiquement limité, le minitel est "tout ce qu’internet doit encore devenir", explique Bruno Guissani dans le quotidien Libération du 5 décembre 1997. "Le coût de l'équipement est proche de zéro. Le système permet des transactions sûres et légalement fiables. Il garantit un bon degré de protection personnelle (privacy). Il est simple à utiliser. Et il génère des revenus tant pour ses opérateurs que pour les marchands qui s'y aventurent."
En 1998, de plus en plus de serveurs disponibles sur minitel le sont également sur le web, avec les avantages qu’offrent une consultation meilleur marché (le prix d’une communication téléphonique locale), une plus grande facilité de navigation et l’ajout de fonctions multimédias.
La société Alcatel, qui fut l’une des bénéficiaires du succès du minitel, compte mettre son successeur sur le marché courant 1999. Muni d’un téléphone et d’un écran couleur, cet appareil permettrait de naviguer en direct sur le web en utilisant le langage Java. Il serait équipé d’un modem de 33,6 Kbps (kilobits par seconde), d’une carte RNIS (réseau numérique à intégration de services) et d’un lecteur de carte bancaire permettant les paiements sécurisés. Cet équipement coûterait environ 3.000 FF (457 euros).
= La France rattrape son retard
La France est raccordée à l’internet très exactement le 28 juillet 1988. Dix ans après, en 1998, le nombre d’usagers est estimé à 3 millions, avec une prévision de 12,6 millions d’internautes pour la fin 2000.
La grande majorité des usagers se connecte par le biais de la ligne de téléphone au moyen d’un modem 33,6 ou 56 Kbps (bits par seconde). Certains utilisent déjà une ligne RNIS (réseau numérique à intégration de services) ou ADSL (asymmetric digital subscriber line), procédés permettant d’augmenter considérablement la vitesse de transmission des données par la ligne de téléphone tout en préservant la circulation de la voix et du fax.
En octobre 1997, France Télécom et Alcatel lancent le service ADSL Turbo Wanadoo, avec une première plate-forme expérimentale à Noisy-le-Grand (région parisienne), suivie d’une deuxième plate-forme à Rennes (Bretagne) au printemps 1998. L’abonnement est de 422 FF (64 euros) par mois.