En janvier 1998, pour un abonnement de 260 FF (40 euros) par mois tout compris, les Parisiens peuvent également accéder au réseau internet par le câble dans certains arrondissements. Plusieurs villes de province (Annecy, Nice, Strasbourg, etc.) disposent des mêmes facilités depuis 1997.

En janvier 1998, La Poste lance le projet Cyberposte en choisissant la région du Vercors, l’inauguration ayant lieu dans le bureau de poste d’Autrans (Isère). Cette inauguration marque la première étape d'un projet national visant à proposer une connexion internet dans 1.000 bureaux de poste d’ici la fin 1998. Dans tous les bureaux de poste du Vercors, l’internet est désormais à la disposition du public au moyen d’une carte à puce à glisser dans une borne informatique - la carte coûtant 90 FF (14 euros) pour trois heures de connexion - et d’une adresse électronique gratuite pour tous. Le projet Cyberposte a pour but de familiariser le public avec les nouvelles technologies et, à long terme, de lui permettre d’effectuer des téléprocédures.

En février 1998, France Télécom annonce à son tour un plan national d’ouverture d’espaces multimédias ouverts à tous, avec priorité pour les étudiants et les enseignants. En partenariat avec les collectivités locales, l’ouverture d’une centaine d’espaces multimédias est prévue sur trois ans, avec une vingtaine d’espaces opérationnels dès la fin 1998.

En avril 1998, le gouvernement lance trois appels à projets multimédias pour faciliter l'acquisition de matériel multimédia par les PME (petites et moyennes entreprises) des régions rurales et des zones en reconversion industrielle et par les bibliothèques, ainsi que par les établissements scolaires des petites communes. Un budget de 22 millions de FF (3,4 millions d’euros) est destiné aux initiatives sélectionnées, avec la répartition suivante: 5 millions de FF (76.000 euros) pour les PME, 5 millions de FF (76.000 euros) pour les bibliothèques et 12 millions de FF (1,8 millions d’euros) pour les écoles. Le projet incite notamment les bibliothèques des villes de moins de 5.000 habitants à s’équiper en ordinateurs et en connexions internet. Les villes intéressées doivent déposer leurs dossiers avant le 30 juin 1998. Une centaine d’espaces culture multimédia est prévue dans les bibliothèques et centres culturels d’ici la fin 1998.

L’objectif de ce programme est un souci d’équité territoriale pour faire face aux inégalités géographiques. Le but est que tout citoyen puisse accéder à l’internet quel que soit son lieu de résidence. A cette occasion, Catherine Trautman, ministre de la Culture, annonce que, "après le monde universitaire, le monde des entreprises, c'est le monde de la culture qui s'empare de l'internet". 1998 est "l’année de lancement de l’internet culturel". La ministre précise aussi que "cette politique ne vise pas seulement à améliorer notre position dans la compétition économique, mais aussi, fondamentalement, à garantir une nouvelle liberté d'expression et de communication pour nos concitoyens."

Toutefois, un certain nombre d'entreprises hésitent encore à connecter les postes de travail de leurs salariés à l’internet, par crainte que ceux-ci ne se ruent sur des sites n’ayant rien à voir avec leur activité professionnelle. On trouve heureusement plus souvent la tendance inverse.

Ingénieure d'études à l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue française), Christiane Jadelot écrit en juin 1998: "Je pense qu'il faut équiper de plus en plus les laboratoires avec du matériel de pointe, qui permette d'utiliser tous ces médias. Nous avons des projets en direction des lycées et des chercheurs. Le ministère de l'Education nationale a promis de câbler tous les établissements, c'est plus qu'une nécessité nationale. J'ai vu à la télévision une petite école dans un village faisant l'expérience de l'internet. Les élèves correspondaient avec des écoles de tous les pays, ceci ne peut être qu'une expérience enrichissante."

= Des organismes actifs

Le premier annuaire internet français est lancé par l’UREC (Unité réseaux du CNRS - Centre national de la recherche scientifique). Créé dès janvier 1994, cet annuaire recense d’abord les sites académiques, puis son contenu devient plus généraliste. Il permet aux usagers francophones de se familiariser avec le web sans se noyer dans la masse d’informations mondiale. Il permet aussi de faire connaître les sites web qui fleurissent petit à petit en France et ailleurs. Trois ans après, la gestion de l’annuaire devient difficile du fait de l’accroissement constant du nombre de sites web, notamment de sites commerciaux. De plus, d’autres annuaires ont vu le jour, dont certains débutés avec l’aide de l’UREC. En juillet 1997, considérant que sa mission est accomplie, l’UREC arrête la mise à jour de cet annuaire généraliste. Après une pause de quelques mois, l’annuaire retourne à sa vocation première, à savoir un annuaire spécialisé consacré à l'enseignement supérieur et à la recherche.

La Délégation générale à la langue française (DGLF) se donne plusieurs missions: veiller à la promotion de la langue française, favoriser l’utilisation du français comme langue de communication internationale et développer le plurilinguisme, garant de la diversité culturelle. Sur son site web, la rubrique "France langue" propose trois listes de diffusion consacrées à la langue française (France langue, France langue assistance et France langue technologies). Ouvertes à toute question d'ordre linguistique (grammaire, orthographe, usage, etc.), ces trois listes de diffusion se veulent "un lieu convivial d'échanges d'informations et d'idées (manifestations, colloques, publications, etc.), ainsi qu'un lieu de discussion sur les thèmes liés à la langue française, à la diversité linguistique, à la dynamique des langues et à la politique linguistique". La DGLF mène aussi d’autres actions pour renforcer la place du français sur le réseau, notamment l’édition de guides techniques relatifs à la conception de logiciels en français (avec prise en compte des accents), en liaison avec l’AFNOR (Association française de normalisation), ou alors la traduction de logiciels étrangers commercialisés en France.