Par le passé, on a pu reprocher aux catalogues d’être austères, peu conviviaux, et surtout de donner les références du document mais en aucun cas l’accès à son contenu. Depuis qu’ils sont disponibles sur l’internet, les catalogues sont moins austères et plus conviviaux. Et surtout - rêve de tous qui commence à devenir réalité - ils pourront permettre l’accès aux documents eux-mêmes: textes et images dans un premier temps, extraits sonores et vidéos dans un deuxième temps. Ceci est déjà vrai à titre expérimental pour les 2.500 oeuvres de l’Universal Library, accessibles par le biais de l’Experimental Search System (ESS) de la Library of Congress. (Ce système expérimental est ensuite intégré au catalogue en ligne de la Library of Congress.)
De plus en plus de catalogues sont accessibles directement sur le web, moyennant une interface spécifique. L’usager a souvent le choix entre deux types de recherche, simple et avancée, et il peut sélectionner plusieurs critères complémentaires tels que le nombre de notices souhaitées ou bien le mode de classement. A réception du résultat, il peut dérouler plusieurs pages de notices abrégées ou complètes. Les notices sélectionnées peuvent être copiées, imprimées, sauvegardées ou bien envoyées par courriel. Des liens hypertextes permettent de passer facilement d’une requête à l'autre.
Ces catalogues utilisent la norme Z39.50, un protocole standard de communication permettant la recherche d'informations bibliographiques dans des bases de données en ligne. L’utilisateur d’un système peut rechercher des informations chez les utilisateurs d’autres systèmes sans devoir connaître la syntaxe de recherche utilisée par ces derniers. Déjà largement utilisée aux Etats-Unis, cette norme est promue par l’Union européenne pour favoriser son utilisation dans les pays membres.
Deux catalogues, celui de la British Library et celui de la Library of Congress, constituent d’excellents outils bibliographiques à l’échelon mondial. En mai 1997, la British Library lance son OPAC 97 (OPAC: online public access catalogue), un catalogue en ligne permettant l’accès libre aux catalogues de ses principales collections à Londres et à Boston Spa, soit 150 millions de documents rassemblés depuis 250 ans. (Catalogue expérimental, l’OPAC 97 est ensuite remplacé par sa version définitive, le BLPC - British Library Public Catalogue.) Quant au catalogue de la Library of Congress, il s'agit du plus grand catalogue en ligne au monde. Sa consultation est gratuite, avec menus en anglais et en espagnol. On y trouve les notices de documents dans de très nombreuses langues, y compris en français.
= Les catalogues collectifs
L’informatique en réseau permet le développement de catalogues collectifs visant à faire connaître les ressources disponibles à l’échelon régional, national et international. Avantage significatif, le catalogue collectif évite au professionnel de cataloguer à nouveau un document déjà catalogué par une bibliothèque partenaire.
Situé sur le serveur de la Bibliothèque nationale de France (BnF), le Catalogue collectif de France (CCFR) permet de "trouver des informations détaillées sur les bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou spécifiques), connaître précisément les services qu'elles rendent et interroger leur catalogue en ligne". A terme, il permettra aussi de "localiser des ouvrages (documents imprimés, audio, vidéo, multimédia) dans les principales bibliothèques et demander le prêt ou la reproduction" de documents qui seront remis à l'usager dans la bibliothèque de son choix. (C’est chose faite en novembre 2002.)
L’internet rend également possible la gestion de catalogues à l’échelon international. Si le catalogueur trouve la notice du livre qu’il doit cataloguer, il la copie pour l’inclure dans le catalogue de sa propre bibliothèque. S’il ne trouve pas la notice, il la crée, et cette notice est aussitôt disponible pour les catalogueurs suivants. La même règle vaut pour les catalogueurs de Paris (France), Tokyo (Japon) ou Canberra (Australie). Ce pari osé est tenté par deux associations américaines, OCLC (Online Computer Library Center) et RLG (Research Libraries Group), qui gèrent de gigantesques bases de données bibliographiques alimentées et utilisées par leurs adhérents, permettant ainsi aux bibliothécaires d’unir leurs forces par-delà les frontières.
OCLC gère l’OCLC Online Union Catalog, débuté en 1971 pour desservir les bibliothèques universitaires de l’Etat de l’Ohio (Etats-Unis), et qui s’étend ensuite à tout le pays, puis au monde entier. Désormais appelé WorldCat, ce catalogue collectif mondial comprend en 1998 38 millions de notices en 370 langues (avec translittération pour les caractères non romains) et 25.000 bibliothèques adhérentes. L'accroissement annuel est de 2 millions de notices. WorldCat utilise huit formats bibliographiques correspondant aux catégories suivantes: livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques.
En 1980, le Research Libraries Group (RLG) débute RLIN (Research Libraries Information Network), un catalogue collectif différent de celui d'OCLC puisqu’il accepte plusieurs notices pour un même document. RLIN comprend 82 millions de notices en 1998. Des centaines de dépôts d’archives, bibliothèques de musées, bibliothèques universitaires, bibliothèques publiques, bibliothèques de droit, bibliothèques techniques, bibliothèques d’entreprise et bibliothèques d’art utilisent RLIN pour le catalogage, le prêt inter-bibliothèques et le contrôle des archives et des manuscrits. 365 langues y sont représentées, avec des notices translittérées pour les documents publiés dans les langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coréen, persan, hébreu et yiddish) et en cyrillique. Une des spécialités de RLIN est l’histoire de l’art. Alimentée par 65 bibliothèques spécialisées, une section spécifique comprend 100.000 notices de catalogues d’expositions et 168.500 notices de documents iconographiques (photographies, diapositives, dessins, estampes ou affiches). Cette section inclut aussi les 110.000 notices de la base bibliographique Scipio, consacrée aux catalogues de ventes. (Le successeur de RLIN, le RLG Union Catalog, devrait être en accès libre et gratuit sur le web en 2004.)