Bref, le numérique, c'est déjà le présent et c'est incontournable, sauf que les formats sont encore trop nombreux, et que c'est aussi sûrement un frein à un essor plus rapide.
J'ai bien pensé mettre mes sites en ligne sur des supports 'e-book' mais un 'livre' de ce type serait comme une goutte d'eau dans l'océan s'il ne bénéficie pas d'une structure qui en fait la promotion. Tant que je n'aurai pas l'assurance de cette promotion et parce qu'il faut des moyens que je n'ai pas, je différerai cette nouvelle aventure et je le regrette vivement." Pierre François Gagnon, créateur d'Editel
Dès avril 1995, Pierre François Gagnon, poète et essayiste québécois, décide d'utiliser le numérique pour la réception des textes, leur stockage et leur diffusion. Il crée Editel, site pionnier de l'édition littéraire francophone et premier site web d'auto-édition collective de langue française. Editel devient ensuite un site de cyberédition non commerciale en partenariat avec quelques auteurs maison (notamment Jacques Massacrier et Mostafa Benhamza), ainsi qu'un webzine littéraire.
Le 11 février 2003, Pierre François Gagnon nous envoie ce texte, intitulé: Eloge du Livre unique.
"Le 'Livre unique' aux multiples pensées tous azimuts, est appelé à constituer, grâce à l'objet-support ultime que sera le papier électronique, la plate-forme de lancement globale de la Civilisation numérique, laquelle n'est encore exprimée qu'à l'état d'ébauche farouche et sauvage sur le Web d'aujourd'hui.
Il nous manque de toute urgence cette épée de feu, de justice divine érigée entre les mains de tous et chacun dans la lutte contre la pauvreté et l'ignorance dans lesquelles les élites de pouvoir et d'argent croient avoir tout intérêt à maintenir leurs peuples respectifs.
Et, n'en déplaise aux gourous de la pop-philo qui nous prêchent le statu quo techno-culturel du haut de leur notoriété, il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle utopie néoromantique qui serait issue de la postmodernité prétendument antihumaniste. Il s'agit bien plus prosaïquement des conditions d'émergence spirituelle d'une classe moyenne supérieure qui soit également prospère et unie dans le monde entier.
Nous sommes rien de moins, à l'époque de ces Nouvelles Lumières, que face à une révolution démocratique et altermondialiste, virtuellement libre de tout droit ultralibéral, enfin affranchissable à l'échelle planétaire de l'économie de marché facho-totalitaire sous l'empire états-unien.
Voilà donc ce qui fait si peur aux classes possédantes du savoir-faire de ce temps de transition que je qualifierais presque de transhistorique, tant il m'apparaît nécessaire et évident: que tout cela leur échappe de justesse, elles qui contrôlent pourtant les moyens de conception et de production de la science et des technologies!
C'est dire ainsi combien la Société - et non pas tant l'Amour - est désormais à réinventer bien au-delà de la droite et de la gauche, au risque sinon, de nous engluer dans les prolongements dévastateurs du 20e siècle, guerres, famines et maladies endémiques. Ça n'a malheureusement rien à voir avec autant de prophéties de malheur.