En décembre 1997, le moteur de recherche AltaVista lance un logiciel de traduction gratuit de l’anglais vers cinq autres langues, dénommé Babel Fish ou AltaVista Translation, ce qui constitue une première sur le web.

À cette date, l’annuaire Yahoo! propose déjà une interface en sept langues (anglais, allemand, coréen, français, japonais, norvégien, suédois) pour prendre en compte un nombre croissant d’usagers non anglophones. Le classement des sites en 63 sections est plus pointu que celui d’AltaVista, où ces tâches sont entièrement automatisées. Lorsqu’une recherche ne donne pas de résultat dans Yahoo!, elle est automatiquement aiguillée vers AltaVista, et réciproquement.

Babel Fish peut traduire une page web de l’anglais vers cinq autres langues (allemand, espagnol, français, italien, portugais) et vice versa, la page web originale et la traduction apparaissant en vis-à-vis à l’écran. On peut également traduire n’importe quel texte court en faisant un «copier-coller». Bien qu'ayant ses limites avec un texte traduit très approximatif, ce service est immédiatement plébicité par les 12 millions d'usagers que compte la toile de l'époque, dont un nombre croissant d’usagers non anglophones, et contribue grandement au plurilinguisme de l’internet.

Alimenté par des dictionnaires multilingues comprenant 2,5 millions de termes, Babel Fish est l’œuvre de Systran, société pionnière dans le traitement automatique des langues. Selon le site web de Systran, «un logiciel de traduction automatique traduit une langue naturelle dans une autre langue naturelle. La traduction automatique prend en compte la structure grammaticale de chaque langue et elle utilise des règles pour transférer la structure grammaticale de la langue source (texte à traduire) vers la langue cible (texte traduit). La traduction automatique ne remplace pas et n'est pas destinée à remplacer le traducteur humain.»

L'EAMT (European Association for Machine Translation) propose pour sa part la définition suivante sur son site: «La traduction automatique est l'utilisation de l'ordinateur pour la traduction de textes d'une langue naturelle à une autre. Elle fut un des premiers domaines de recherche en informatique. Il s'est avéré que cet objectif était difficile à atteindre. Cependant il existe aujourd'hui un certain nombre de systèmes produisant un résultat qui, s'il n'est pas parfait, est de qualité suffisante pour être utile dans certaines applications spécifiques, en général dans le domaine de la documentation technique. De plus, les logiciels de traduction, qui sont essentiellement destinés à aider le traducteur humain à produire des traductions, jouissent d'une popularité croissante auprès d'organismes professionnels de traduction.»

D’autres logiciels de traduction automatique seront ensuite développés par Alis Technologies, Lernout & Hauspie, Globalink et Softissimo, avec des versions payantes et/ou gratuites disponibles sur le web. Quant à Babel Fish, il déménagera sur le site de Yahoo! en mai 2008.

1997 > LES OUTILS DE LA SOCIÉTÉ DE TRADUCTION LOGOS

[Résumé] En décembre 1997, la société de traduction Logos, basée à Modène, en Italie, avec des services en 35 langues, décide de mettre ses outils professionnels en accès libre sur le web pour en faire bénéficier la communauté internet. Le Logos Dictionary est un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entrées (en septembre 1998). La Wordtheque est une base de données multilingue de 328 millions de termes, constituée à partir de milliers de traductions, notamment des romans et des documents techniques, avec une recherche possible par langue, par mot, par auteur ou par titre. Linguistic Resources offre un point d'accès unique à 553 glossaires. L'Universal Conjugator propose des tableaux de conjugaison dans 17 langues. Dix ans plus tard, en 2007, la Wordtheque (devenue la Logos Library) comprend 710 millions de termes, Linguistic Resources (qui n’a pas changé de nom) offre un point d’accès unique à 1.215 glossaires et Conjugation of Verbs (devenu l’Universal Conjugator) propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues.

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Fin 1997, la société de traduction Logos décide de mettre ses outils professionnels en accès libre sur le web pour en faire bénéficier la communauté internet.