C’est ce que fait Bill Dunlap, fondateur de Euro-Marketing Associates, une société de conseil en marketing qu'il lance en 1985 à Paris et San Francisco. En 1995, il restructure cette société en service de conseil en ligne dénommé Global Reach, le but étant de promouvoir en Europe les sites web des entreprises américaines, afin d'attirer plus de visiteurs, et donc d'augmenter les ventes. Cette méthode comprend la traduction d'un site web dans plusieurs langues (ce qu’on appelle la localisation d’un site), la promotion active des sites traduits et enfin l'accroissement de la fréquentation locale au moyen de bandeaux publicitaires ciblés.

Bill Dunlap écrit en décembre 1998: «Il y a très peu de gens aux États-Unis qui sont intéressés de communiquer dans plusieurs langues. Pour la plupart, ils pensent encore que le monde entier parle anglais. Par contre, en Europe, les pays sont petits, si bien que, depuis des siècles, une perspective internationale est nécessaire», d’où l’intérêt de son travail sur les deux continents.

Coordinateur d'ELSNET (European Network of Excellence in Human Language Technologies), Steven Krauwer explique en septembre 1998: «En tant que citoyen européen, je pense que le multilinguisme sur le web est absolument essentiel. À mon avis, ce n'est pas une situation saine à long terme que seuls ceux qui ont une bonne maîtrise de l'anglais puissent pleinement exploiter les bénéfices du web. En tant que chercheur (spécialisé dans la traduction automatique), je vois le multilinguisme comme un défi majeur: pouvoir garantir que l'information sur le web soit accessible à tous, indépendamment des différences de langue.»

Pour ce faire, il suggère plusieurs solutions pratiques: «(a) en ce qui concerne les auteurs: une meilleure formation des auteurs de sites web pour exploiter les combinaisons possibles permettant d'améliorer la communication en surmontant la barrière de la langue (et pas seulement par un vernis superficiel); (b) en ce qui concerne les usagers: des logiciels de traduction de type AltaVista Translation [Babel Fish], dont la qualité n'est pas frappante, mais qui a le mérite d'exister; (c) en ce qui concerne les logiciels de navigation: des logiciels de traduction intégrés, particulièrement pour les langues non dominantes, et des dictionnaires intégrés plus rapides à consulter.»

Si l’internet gagne le monde entier avec l’anglais comme principale langue d’échange, tout le monde ne parle pas l’anglais, loin de là, et même ceux qui le lisent préfèrent consulter le web dans leur propre langue. Pour élargir leur champ d’action, les sociétés doivent donc proposer des sites bilingues, trilingues sinon plurilingues, en adaptant leur contenu à un public spécifique, que ce soit un pays ou une communauté linguistique. D’où la nécessité de l’internationalisation et de la localisation des sites, qui devient indispensable dans les années qui suivent, avec les sociétés et organismes anglophones proposant leurs sites à la fois en anglais et dans d’autres langues, et les sociétés et organismes non anglophones proposant leurs sites dans leur(s) propre(s) langue(s) et en anglais.

1999 > LES DICTIONNAIRES BILINGUES DE WORDREFERENCE.COM

[Résumé] Michael Kellogg crée le site WordReference.com en 1999. Il raconte beaucoup plus tard sur son site: «J'ai débuté ce site en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne et d'autres outils pour tous sur l'internet. Depuis, le site s'est progressivement développé pour devenir l'un des sites de dictionnaires en ligne les plus utilisés, et le principal dictionnaire en ligne pour les paires de langues anglais-espagnol, anglais-français, anglais-italien, espagnol-français et espagnol- portugais. Ce site est toujours classé sans interruption parmi les 500 sites les plus visités du web.» WordReference.com offre également des forums linguistiques très actifs, tout comme des versions allégées de ses dictionnaires pour appareil mobile.

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Michael Kellogg crée le site WordReference.com en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne.

Il raconte beaucoup plus tard sur son site: «L'internet a été un incroyable outil ces dernières années pour rassembler des gens du monde entier. L'un des principaux obstacles à cela reste bien entendu la langue. Le contenu de l'internet est pour une grande part en anglais et de très nombreux usagers lisent ces pages alors que l'anglais est leur deuxième langue et non leur langue maternelle. De par mes propres expériences avec la langue espagnole, je sais que de nombreux lecteurs comprennent une grande partie de ce qu'ils lisent, mais pas la totalité.