Les deux principaux outils de recherche sont l'Ethnologue Name Index (Index des noms de l'Ethnologue), qui donne la liste des noms de langues et dialectes et de leurs synonymes, et l'Ethnologue Language Family Index (Index des familles linguistiques de l'Ethnologue), qui organise les langues selon leurs familles linguistiques.

Dans un entretien par courriel plus ancien, en août 1998, Barbara Grimes explique que, si la version web est utile, la version imprimée l'est encore plus, en langue anglaise pour toucher un large public. "Nous avons eu des demandes nous demandant l'accès à l'Ethnologue dans plusieurs autres langues, mais nous n'avons pas le personnel ni les fonds pour la traduction ou la réactualisation, indispensable puisque notre site est constamment mis à jour. L'internet nous est utile, c'est un outil pratique qui apporte un complément à notre travail. Nous l'utilisons principalement pour le courrier électronique. C'est aussi un moyen commode pour mettre notre documentation à la disposition d'une audience plus large que celle de l'Ethnologue imprimé. D'un autre côté, l'Ethnologue sur l'internet n'atteint en fait qu'une audience limitée disposant d'ordinateurs. Or, dans les personnes que nous souhaitons atteindre, nombreuses sont celles qui ne disposent pas d'ordinateurs. Je pense particulièrement aux habitants du dit 'Tiers-monde'."

= European Minority Languages

Autre expérience, celle de Caoimhín Ó Donnaíle, professeur d’informatique à l’Institut Sabhal Mór Ostaig, situé sur l’île de Skye, en Écosse. Caoimhín dispense ses cours en gaélique écossais. Il est aussi le webmestre du site de l’institut, qui est bilingue anglais- gaélique et se trouve être la principale source d’information mondiale sur le gaélique écossais. Sur ce site, il tient à jour la page European Minority Languages (Langues minoritaires en Europe), une liste elle aussi bilingue, avec classement par ordre alphabétique de langues et par famille linguistique.

Interviewé en août 1998, Caoimhín raconte: "L'internet a contribué et contribuera au développement fulgurant de l'anglais comme langue mondiale. L'internet peut aussi grandement aider les langues minoritaires. Ceci ne se fera pas tout seul, mais seulement si les gens choisissent de défendre une langue. Le web est très utile pour dispenser des cours de langues, et la demande est grande."

Près de trois ans plus tard, en mai 2001, il ajoute: "Nos étudiants utilisent un correcteur d’orthographe en gaélique et une base terminologique en ligne en gaélique. (…) Il est maintenant possible d’écouter la radio en gaélique (écossais et irlandais) en continu sur l’internet partout dans le monde. Une réalisation particulièrement importante a été la traduction en gaélique du navigateur Opera. C’est la première fois qu’un logiciel de cette taille est disponible en gaélique."

= Windows on Haiti

Guy Antoine, créateur de Windows on Haiti, site de référence sur la langue haïtienne, relate en novembre 1999: "J’ai fait de la promotion du kreyòl (créole haïtien) une cause personnelle, puisque cette langue est le principal lien unissant tous les Haïtiens, malgré l’attitude dédaigneuse d’une petite élite haïtienne - à l’influence disproportionnée - vis-à-vis de l’adoption de normes pour l’écriture du kreyòl et le soutien de la publication de livres et d’informations officielles dans cette langue. A titre d’exemple, il y avait récemment dans la capitale d’Haïti un Salon du livre de deux semaines, à qui on avait donné le nom de 'Livres en folie'. Sur les 500 ouvrages d’auteurs haïtiens présentés lors du salon, il y en avait une vingtaine en kreyòl, ceci dans le cadre de la campagne insistante que mène la France pour célébrer la francophonie dans ses anciennes colonies. A Haïti cela se passe relativement bien, mais au détriment direct de la créolophonie.

En réponse à l’attitude de cette minorité haïtienne, j’ai créé sur mon site Windows on Haiti deux forums de discussion exclusivement en kreyòl. Le premier forum regroupe des discussions générales sur toutes sortes de sujets, mais en fait ces discussions concernent principalement les problèmes socio-politiques qui agitent Haïti. Le deuxième forum est uniquement réservé aux débats sur les normes d’écriture du kreyòl. Ces débats sont assez animés, et un certain nombre d’experts linguistiques y participent. Le caractère exceptionnel de ces forums est qu’ils ne sont pas académiques. Je n’ai trouvé nulle part ailleurs sur l’internet un échange aussi spontané et aussi libre entre des experts et le grand public pour débattre dans une langue donnée des attributs et des normes de la même langue."

En juin 2001, Guy Antoine rejoint l’équipe dirigeante de Mason Integrated Technologies, une société dont l’objectif est de créer des outils permettant l’accessibilité des documents publiés dans des langues dites minoritaires. "Etant donné l’expérience de l’équipe en la matière, nous travaillons d’abord sur le créole haïtien (kreyòl), qui est la seule langue nationale d’Haïti, et l’une des deux langues officielles (l’autre étant le français). Cette langue ne peut guère être considérée comme une langue minoritaire dans les Caraïbes puisqu’elle est parlée par huit à dix millions de personnes."