Tim McKenna, écrivain, s'interroge sur la notion complexe de "vérité" dans un monde en mutation constante. Il écrit en octobre 2000: "Quand la qualité des logiciels sera suffisante pour que les gens puissent converser sur le web par écrit ou par oral en temps réel dans différentes langues, nous verrons tout un monde s'ouvrir à nous. Les scientifiques, les hommes politiques, les hommes d'affaires et bien d'autres groupes seront à même de communiquer immédiatement entre eux sans l'intermédiaire de médiateurs ou traducteurs."

= Définition

Un logiciel de traduction automatique (TA) analyse le texte dans la langue à traduire (langue source) et génère automatiquement le texte dans la langue désirée (langue cible), en utilisant des règles précises pour le transfert de la structure grammaticale. L'être humain n'intervient pas au cours du processus, contrairement à la traduction assistée par ordinateur, qui implique une interaction entre l'homme et la machine.

Si la traduction automatique reste très approximative, les logiciels de traduction sont très pratiques pour fournir un résultat immédiat et à moindres frais, sinon gratuit. Ils n'ont cessé de s'améliorer au fil des ans, sans toutefois avoir la prétention d'égaler le travail du cerveau humain. De plus, depuis décembre 1997, des logiciels en accès libre sur le web permettent de traduire en quelques secondes une page web ou un texte court, avec plusieurs combinaisons de langues possibles.

SYSTRAN, société franco-américaine pionnière dans le traitement automatique des langues, explique sur son site web: "Un logiciel de traduction automatique traduit une langue naturelle dans une autre langue naturelle. La traduction automatique prend en compte la structure grammaticale de chaque langue et elle utilise des règles pour transférer la structure grammaticale de la langue-source (texte à traduire) vers la langue-cible (texte traduit). La traduction automatique ne remplace pas et n'est pas destinée à remplacer le traducteur humain."

L'EAMT (European Association for Machine Translation - Association européenne pour la traduction automatique) donne la définition suivante: "La traduction automatique (TA) est l'utilisation de l'ordinateur pour la traduction de textes d'une langue naturelle à une autre. Elle fut un des premiers domaines de recherche en informatique. Il s'est avéré que cet objectif était difficile à atteindre. Cependant il existe aujourd'hui un certain nombre de systèmes produisant un résultat qui, s'il n'est pas parfait, est de qualité suffisante pour être utile dans certaines applications spécifiques, en général dans le domaine de la documentation technique. De plus, les logiciels de traduction, qui sont essentiellement destinés à aider le traducteur humain à produire des traductions, jouissent d'une popularité croissante auprès d'organisations de traduction professionnelles."

L'intéressant historique donné sur le site de Globalink, une société spécialisée dans les logiciels et services de traduction (disparue depuis), est résumé dans les deux paragraphes suivants.

Dès leurs débuts, la traduction automatique et le traitement de la langue naturelle progressent de pair avec l'évolution de l'informatique quantitative. Le développement des premiers ordinateurs programmables pendant la Seconde guerre mondiale est accéléré par les premiers efforts cryptographiques pour tenter de fissurer les codes secrets allemands et autres codes de guerre. Suite à la guerre, la traduction et l'analyse du texte en langue naturelle procurent une base de travail au secteur émergent de la théorie de l'information. Pendant les années 1950, la recherche sur la traduction automatique prend forme au sens de traduction littérale (mot à mot) sans utiliser de règles linguistiques. Le projet russe débuté à l'Université de Georgetown au début des années 1950 représente la première tentative systématique pour créer un système de traduction automatique utilisable. Jusqu'au milieu des années 1960, un certain nombre de recherches universitaires et recherches financées par les gouvernements sont menées aux États-Unis et en Europe. Au même moment, les progrès rapides dans le domaine de la linguistique théorique culminent en 1965 avec la publication du livre "Aspects de la théorie syntaxique" de Noam Chomsky, et transforment radicalement la structure permettant de comprendre la phonologie, la morphologie, la syntaxe et la sémantique du langage humain.

En 1966, le rapport ALPAC (Automatic Language Processing Advisory Committee - Comité consultatif sur le traitement automatique du langage) du gouvernement des États-Unis fait une estimation prématurément négative de la valeur des systèmes de traduction automatique et des perspectives sur leurs applications pratiques, mettant ainsi fin au financement et à l'expérimentation dans ce domaine pour la décennie suivante. Il faut attendre la fin des années 1970 pour que des expériences sérieuses soient à nouveau entreprises, parallèlement aux progrès de l’informatique et des technologies des langues. Cette période voit le développement de systèmes de transfert d’une langue à l’autre et le lancement des premières tentatives commerciales. Des sociétés comme SYSTRAN et METAL sont persuadées de la viabilité et de l’utilité d’un tel marché. Elles mettent sur pied des produits et services de traduction automatique reliés à un serveur central. Mais les problèmes restent nombreux, par exemple des coûts élevés de développement, un énorme travail lexicographique, la difficulté de proposer de nouvelles combinaisons de langues, l’inaccessibilité de tels systèmes pour l’utilisateur moyen, et enfin la difficulté de passer à de nouveaux stades de développement.

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