Comte de Pradel.
_Extraits des lettres de pairie délivrées, le 18 février 1818, en faveur de Henri-Auguste-George, marquis de La Rochejaquelein, créé pair le 17 août 1815.
………………………………………………….. ………Prenant, en considération les services signalés de feu le marquis de La Rochejaquelein, la fidélité et le dévouement à notre personne de sa famille, à laquelle il nous a plu de confier la garde des étendards de l'ancienne compagnie des grenadiers à cheval de notre garde, nous autorisons notredit très-cher, amé et féal marquis de La Rochejaquelein, son fils, à joindre à ses armoiries, qui sont, savoir, de sinople, à la croix d'argent, chargée en abyme d'une coquille de gueule et cantonnée de quatre coquilles d'argent, les supports représentant lesdits étendards réunis par une bande portant ces mots: Vendée, Bordeaux, Vendée. Et nous concédons à lui et à ses successeurs le droit de placer ces armoiries et ces supports sur un manteau d'azur, doublé d'hermine, etc…………………… ……………………………………………..
Lettre de Son Exc. M. le général comte de Goltz, ambassadeur de Sa Majesté le roi de Prusse, à madame la marquise de La Rochejaquelein.
Paris, le 8 novembre 1817.
Madame,
Les officiers de l'armée prussienne, qui, en 1815, ont contribué Pour la seconde fois au rétablissement du trône légitime en France, éprouvèrent, après la lecture des Mémoires intéressans que vous avez publiés, Madame, sur la guerre de la Vendée, le besoin de rendre un hommage public à la vertu malheureuse, et d'exprimer par un monument durable l'admiration dont les avait pénétrés le caractère éminemment loyal et chevaleresque que MM. de Lescure et de La Rochejaquelein ont déployé dans cette lutte sanglante. Ils résolurent d'offrir un présent au fils du général de ce nom qui, ainsi que son frère, trouva une mort glorieuse sur le champ de bataille, et un second à vous, Madame, l'inséparable compagne de deux chefs qui se sont illustrés par leurs sentimens et leurs exploits. Mais, sentant que ce n'était pas le prix de la matière qui devait faire celui d'un pareil présent; que ce n'était ni de l'or, ni des diamans, dont des soldats devaient faire hommage au descendant et à la veuve des guerriers de la Vendée, ils conçurent l'idée d'offrir à M. Henri de La Rochejaquelein une épée dont les emblèmes feraient tout le prix, et de vous faire remettre, Madame la marquise, deux candélabres de marbre, dans le genre de ceux qui ornent le tombeau que la piété conjugale a érigé, à Charlottenbourg, à celle qui fut à la fois la plus parfaite des épouses et des mères, et la plus chérie des reines: monument de deuil sur cette terre et de triomphe dans le ciel.
Je m'estime heureux, Madame, que mes camarades m'aient choisi pour leur organe, en me chargeant de remettre à M. de La Rochejaquelein l'épée qui atteste à la fois leur respect pour les vertus guerrières, et la loyauté des sentimens dont ils sont pénétrés. Je vous prie, Madame, de vouloir bien me fixer le jour et l'heure où je pourrai remettre cette épée entre les mains de M. votre fils, en présence des membres de votre famille et de vos amis.
Les deux candélabres, qui ont été sculptés à Carare, doivent arriver incessamment à Paris, et je vous demanderai alors la permission, Madame la Marquise, de vous en faire également hommage.
Veuillez agréer, Madame la Marquise, l'assurance de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Madame la Marquise, Votre très-humble et très-obéissant serviteur, _Signé le comte de Goltz.