—Mais, nous étions d’accord avant que tu viennes, mon pauvre gars.
Il ne se contint plus devant ce rappel du temps où il n’était rien qu’un inconnu dans le passé. Rageusement il rétorqua:
—Tu n’as pas le droit de t’ marier à c’t’heure que tu m’as retrouvé! cria-t-il. T’as pas le droit!
Suffoquée, elle ne trouva rien à répondre. Le jour tombait. Un vent froid s’éleva. Le ciel ne portait plus que les nuages rejoints. Toutes les paroles dites restaient là, autour d’eux, vivantes, bruissantes à leurs oreilles. Elle balbutia enfin:
—Mais pourquoi, pourquoi qu’ tu dis ça? J’ te ferais pas d’ tort.
Tout de suite, il se retrouva.
—Si, tu me ferais du tort! T’as pas qu’ faire de te marier. Tu l’as été assez.
Il se mit à rire d’un rire ignoble qu’elle ne put supporter.
—Tais-toi, supplia-t-elle. Tais-toi. Tu ne sais pas le mal...
Ils reprirent haleine, car les terribles joutes de paroles et de sentiments ont, comme les autres, des moments de trêve où on soigne les blessés, où l’on emporte les morts. Et Fanny dit encore: