—Comment! comment! Tu es allé et revenu, tout ce chemin, comme ça. Mais pourquoi?

Comme il ne répondait pas, elle reprit, plus directe, cette fois, par nécessité:

—Et qu’est-ce que tu lui as dit?

—J’y ai dit: «Quittez-la, vous lui feriez encore du mal. Quittez-la.»

Elle resta muette devant la grandeur totale des simples mots qui résumaient si parfaitement les circonstances.

—Et qu’est-ce qu’il a répondu?

—Rien. Il m’écoutait bien honnêtement, avec un air de penser en lui-même.

Le vieillard fit une pause et continua:

«—Je y’ai dit: «C’est-il pour l’mariage?» Il m’a dit: «A’ n’ veut pas. Y’ a le mauvais gars qui lui ferait honte, si a’ m’ prenait.» Alors, j’y ai dit: «C’est la pure vérité, vous n’ mentez point, il la mettrait plus bas qu’ la terre, aussitte que c’est sa mère. Mais si c’est pas pour l’ mariage, ça n’ se peut pas.» Alors il a dit: «Et pourquoi donc ça?» Parce que c’est pas une fille à ça, que j’y ai dit. Y’ en a jamais eu chez les Bernage, elle reviendrait ou elle se ferait périr.»

«Il m’a regardé comme si il voyait la mort et il a fait deux fois comme ça: «C’est peut-être vrai... C’est peut-être vrai.»