Fanny parvint à ralentir et puis à cesser cette marche forcenée qui la menait comme malgré elle.

—Comment! dit-elle, où?

—Mais, à un café, n’importe!

—Au café!

Elles se regardèrent, terrifiées à cette seule pensée. Au café, elles, les demoiselles Bernage!

Berthe fit un mouvement de la tête un peu désespéré et elles repartirent.

La première maison du village se trouva précisément être un débit de boissons et de tabac. Cela les rassura et elles entrèrent dans le dessein de demander des timbres. L’emplette faite, elles s’enhardirent à prier timidement la buraliste de bien vouloir leur donner une tasse de café.

—Avec un peu de lait, dit Berthe, et une tartine de beurre, s’il y a moyen.

La buraliste, une forte femme joviale, dit que c’était facile si ces dames voulaient bien passer dans la salle du café. Les sœurs jetèrent un regard effrayé vers ce lieu de perdition où deux ou trois voix rurales se cognaient contre les murs nus. Mais elles ne bougèrent pas:

—Si ça ne vous faisait rien de nous le donner ici... dit timidement Fanny.